La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVCE SOCIALISTE Tu fais au peuple de Paris le paternd et gra,·e reprorne de ne pas donner un bon exemple lorsqu'il assiste, comme à une fète, aux exécutions c:.1pitales. ! Mais, dis-moi, le peuple de Londres, des campagnes de l'Angleterre, de Naples, donne-t-il un exemple meilleur lorsquïl assiste aux spectacles de même nature ? Hélas, l'inconvenance n'est pas le monopole de la B,1!~1·lo11c 1 10dcmc (ï:.1ppdle ainsi Paris, pour te faire plaisir !) lHaltgendorf, a\'ec son esprit généreux, en fit un de ses arguments les plus frappants pour réclamer l'abolition de la pcinf de mort ! Tu frémis en pensant qu'un " misérable agent de police " s'est fait confectionner un portefeuille avec la peau de Pranzini ! Je crois, cependant. qu'il y a lieu de frémir da\'antage en pensant à ce Golotcria au sen·icc 1.iuroi de Sardaigne. crachant publiquement au Yisage de Vochi\.·ri - la fleur du patriotisme italien - pendant que, calme, serl'.in d sublime, ce dernier 1111.rchaitau supplice ! Et les cruautés sans nom des Bolzo, des Specioli, des Maniscolco ( 1), ne suffisent-elles pas à compenser la situation? Tu me rappelles des souvenirs très douloureux, et je suis forcé d'obéir a la ,·oix de la \'érité ! Elle exige que je dise que, dans l'histoire dè l'lt«lic. il y a eu des époques où un cardinal Ruffo et une moderne /\,kssalinc commandaient, et où des hordes sauvages exécutaient des actes inhumains et infàmes ! ou le brigandage a sévi, pendant de longues années, où les femmes, aprés une ré\'olution, Yendaient publiquement de la chair de gendarme, où l'on tuait quotidiennement et Yingt fuis plus qu'en France. Si bien qu'un historien, ton compatriote, M. Turidlo. indique la fù,xilé comme un d--s signes cnr,1c!ér."s.iql!cs du carackr~ transmis aux Italiens actuels par les Romains! Et to;. tu vas chercher lac lïl·11t1é en France! C' tst Yraiment le cas de répétu "quïl ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu! ~- Aprè~ tout cela, il est inutile d'insister sur ton i11dig11atio11 au sujet des scenes" sJnguinaires >~ des meetings français. Je ferai seulement obser\'er que. tu duis a\'oir des journaux et des revues qui publient des nouYellcs pour ton usage exclusif et que tu dois fuir soigneusement la lecture des journaux d'Angleterre. Tu y verrais que là. justement. et non pas en France, on est habitué, bien que dans de minimes proportions, aux 111ccfi11gt,1n1111ltuc11x et sallg11i11aircs. Jadis, une pareille chose scandalisa le bon Gino Capponi. Mais, de 111illim 1 s non cztr,1tprœtor. Je ne sais pas comment tu peux concilier les tendances au césarisme d1.:la France, avec son amour-propre exagéré, (( son défaut radical"· 1-1 est vrai, cependant, que par deux fois, la France tomba aux mains des Napoléoniens et que, récemment, elle fut menacée par ( 1) (,, sont les trois, agent, Juge et ministre, de lïnfàmc roi de Naples qui firent pendre et ma.,sacrer pas milliers, les Siciliens et les Napolitains

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