La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA GREVE DES lltl~EURS berlines, d'en constater la pronnance par l'étique/te et de les porter au compte de la bande d'ouvriers quilcs a produites. Cet employ~ e.J désigné sous le nom de 111arque11r ou d'éliq11cffc11r. Dans la pratique. c·es\ le 111.11·qurnr qui, régulièrement constate l'état du charbon. Le porion ,, cache à caillaux ,, se présente, lui, à l'improviste de,·ant les t1i!les, à des heures très irrégulières, de façon à surprendre les ouniers. ce qui les oblige à porter une plus grande attention au travail. Lor:quc le porion " cache à caillaux ,, trou,·e dans le tas de charbon des pierres ou des terres, il inflige une amende. Mais cette amende. du moins est infigée après constatation faite c,, p,hma de /'011'ê'rÎcr, de la malpropreté de son charbon. Le charbon est chargé dans les berlines, puis remont~ au jour. A l'arrivée à la recette. l'état de chaque berline est noté par le 111.1n1I1Lur. Si celui-ci juge le charbon sale, il inflige une, m~nde qui varie de I fran.:: à 5 francs : dans certaines compagnies. i/ .,11ppri1111: c,1 ou!r,· la bali11c sale, .:'est-à-dire qu'il ne la porte pas en cumpte ii l'ouHier, Il importe de faire observer que le 111Mq11eur opere m dd1or.1 d,· la prh,·11<'<' d,· l'owvricr i11/rrcss,:, et sans qu'il y ait pour .::edt:rni1..r le moindre contrôle possible. Quant au .::harbon sale, que le 111.1rqu,·11r ait appliqué tout simplement une amende, ou qu'il ait de plus supprimé la berline. il n'en va pas moins au tas et n'en est pas moins n~ndu par la Compagnie. Il n·est pas douteux que de nombreux abus peuYent s1: produire du fait d'une pareille organisation. Ce sont ces abus qui ont provoqué la plainte des ouvriers. Les compa~nies, nous l'accordons, sunt obligées de prendre .::ertaines garanties pour obliger les mineurs à s·,1cquitter convenablement de leur traYail : il faut qu'elles soient à peu pres sùres de pou,·oir livrer régulièrement à leurs clients un produit :1son maximum de pureté. Mais il n'en r1cste pas moins que les ou\'riers sont entierement à la discrétion du 11!arq11c11r et qu'ils peuvent ètre a .::haque instant victimes de ces erreurs, que celles-ci soient voulues ou non. D'un autre côté le régime actuel des amendes est peut-être exce::sif. Un mineur reçoit fréquemment de 40 à 60 centimes par berline de charbon 1;1it. Or nous avons dit que les amendes varient de I il :; francs. Il y a là une disproportion qui saute aux yeux. Il est possilile que l'on trou,·e abusive la prétention des ouvriers de supprimer les amendes. puisque les compagnies ont légitimement des garanties a prendre. mais on doit admettre néanmoins, après les explications que nous \'enons de fournir, qu'il y a\'ait lieu de discuter, d'accueillir les plaintes des mineurs, et d'aviser aux moyens de leur donner satisfaction dans la limitedu possible. • • *

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