LA REVUE SOCIALISTE Compagnies. il existe une caisse dite de Secours et de Rcfraifrs, que les mineurs alimentent par une retenue de 3 o/o opérée sur leurs salair~s. La caisse fournit un médecin, des médicaments, peut-étre mème des indemnités en argent en cas de maladie ou d'accident; enfin, lorsque les ou\'l'iers comptent un nombre déterminé d'années de ser\'ice ù la Compagnie, lorsqu'ils ont atteint une certaine limite d'àge, et que les ;iiéJcci11dse la Compag11ie les ont reconnus incapables de tout tra,,lil utile, elle leur sert une maigre pensioh de retraite. Or. il paraît que les C ,mpagnies évitent autant que pos~ible de payer ces pension-;, surtout lorsque ceux qui vont y avoir droit ne ~ont pas en odeu;- de sainteté aupri.:s d'elles - et on sait que les syndiqués, particulièrement. sont dans ce cas. De telle sorte qu'il arri\'e qu'à propos de bottes, on cherche d1:s querdles aux \'ieux ouHicrs, ce qui 1:lit naitre facilement une o..:casion de les mettre à la porte. Et alors. pas de pension à payer, et rempbcement de l'ou\'rier congédié par un jeune mineur, en pleine for..:e. cap,iblc d'un meilleur tr~l\'ail. plus productif pour la Compagnie. Donc. doubl~ bénéfi..:e pour l'employeur. Mais ce n'est pas fini et les choses se compliquent. Un mineur de quarante ans est un ou\'rier dej.l usé. 011 11c l'c111bc111t"hc plus. Q!1and donc il reçoit son liwet, il est sùr de ne plus trou,·er ic tra\'ail nulle part, il n'a plus qu'à mendier ou à mourir de faim. Et pourtant, pendant vingt ou vingt-cinq ans, trente ans quelquefois. il a rapporté de l'argent à la Compagnie, il a contnbué il la prospérité de l'entreprise, il a nourri de sa sueur d de son sang le~ actiCJnnaires. il a laissé 3 o/o de son saLtire à la caisse de 5,Y( 1//rs cf dt• Rctrc1itcs. Eh bien, les Compagnies con~idèrent comme un droit indiscutable le ren\'oi de ces vieux ouvriers. Les jeunes estimL:nt que cc droit est abusif et c'est pour cela qu'ils l.!n ont réclamé la suppression. La rc,·endication rdati\'e aux ouvriers agés de quarante ans dait donc. elle aussi. parfaitement justifiée, par les abus auxquels on se proposait d'y remédier. La quatrieme re\'endication (suppression des amendes pour charbons malpropres) pouvait dre également défendue par de s~rieuse~ raisons. Mai~ pour en apprécier le bien fondé, il faut etre au courant des habitudes de la mine. L'ounier mineur est payée à la b, rli11<' (wagonnet servant à transporter le charbon dans les galeries, d\me contenance de 5 hectolitres. - C'est le prix payé par bL:rline de charbons, disons-le tout de suite afin de 1Ùl\'Oir pas à y revenir, qui constitue ce que l'on appelle : lè prix de tâc~1c). Naturellement, la compagnie exige que le charbon fait soit propre, qu'il ne contienne ni pierres. ni terre. L'état de propreté du chrabon se constate à deux endroits : 1" à fro11tde fi1illc, c'est-à-dire devant la taille en exploitation, dans le fond de la fosse, par un porion spécial que les mineurs, dans leur langage, appellent « le porion cacbc à caillaux ,, ( le porion ciJcrcbe à cailloux); 2° à l·orifiee du puits, à la recette, par un employé, chargé de recevoir les
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