La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE Nous nous sommes occupé des revendications, à notre avis seco11d,1i;-es, dans l'ensemble de celles formulées par les délégués des sections syndicales. Nous avons prouvé. qu'elles étaient amplement justifiées. et nous avons ainsi répondu à ceux qui prétendent que la grève n'a pas été motivée par des raisons d'ordre professionnel. Nous pensons que sur les diftërents points dont il vient d'être question les mineurs auraient aisément accepté une entente amiable, si les compagnies aYaient consenti à entamer des pourparlers. Mais ce n'est pas là que se trouve la cause déterminante de la grève. Ce qui a fait naitre le conflit, c'est l'abaissement des salaires depuis un an, c'est l'inéquitable répartitiondu travail, c'est la conviction profondément entrée dans l'esprit des ouniers que les Compagnies ne respectaient plus le contrat inter- \'enu à Arras et qui a mis fin à la grève de 1891, contrat accepté de\·ant M. le Préfet du Pas-de-Calais reprPsentant cifftcielle111ent le gouvernement, par les délégués du Comité des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais, et les délégués du syndicat. De là sont nées les revendications pr:nopales, celles qui ont le plus irrité les compagnies: la remise du double carnet de paye: l'établissement d'un salaire minimun de 5 fr. 50 plus une prime de 30 o/o: le ma111tien du prix de tâche à un minimum égal au taux :1ctuel. Nous exposerons, dans la suite de cette étu.1e. les considérations que les mineurs font Yaloir à l'appui de leurs pïétentions en même temps que nous discuterons les arguments que leur opposent les compagnies. C.\MILLE LESPILETTE.

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