1.A GREVE DES MINEURS s'assurer que les ouvriers reçoivent bien les salaires auxquels ils ont droit, et que la moyenne consentie par les Compagnies est régulièrement atteinte. La fixation du salaire minimum à 5 fr. 50 c. plus 30 o/o de prime, c'est encore très clair et il n·y a pas à ergoter. La suppression des renvois d'ouvriers àgés de plus de quarante ans, des amendes pour charbons sales, le maintien, comme minimum, des prix de tàche actuels, tout cela encore est précis et d'une facile compréhension. Il y avait juste quelques explications à fournir en cc qui concerne la dernière revendication, relative aux renvois d'ouvriers ayant encouru des condamnations pour des délits ne portant pas préjudice aux Compagnie6. Il nous souvient, à ce propos. d'un article d'un journal de Paris, dans lequel on s'élevait avec une vi\·e indignation contre cette prétention du syndicat d'obliger les Compagnies ,< à donner à tous les voleurs, escarpes et assassins du pays bon sabire, bon gîte et le reste." Les mineurs sont d'honnètes gens qui n'ont pas plus que d'autres souci des mall\·ais drôles qui sortent du bagne. Cc n'est donc pas pour être agréables aux voleurs et aux assassins qu'ils avaient formulé cette revendication. Voici. en réalité, de quoi il s'agissait : De temps immémorial, les Compagnies se réserYent de mettre à la porte Je leurs chantiers les ouvriers que leur mauYaise fortune amène devant le juge de paix ou le tribunal correctionnel et qui en sortent avec une condamnation plus ou moins insignifiante. Or, le mineur est facilement trainé devant la justice. Sans parler des faits de grèYe qui, r<!gulièrement, valent à leurs auteurs des jours de prison à la douzaine (le tribunal de Béthune, pour s.i part, en a généreusement distribué 3,230 pendant la grève dernière), il peut ètre poursuiYi pour une querelle de ménage, une dispute de cabaret, des injures ou des voies de fait. Q\.1'une condamnation s'en~uive et voilà le pauHe diable à la merci de la Compagnie, menacé d'ètre jeté sur le pavé. sans travail (car les Compagnies sont d'accord pour ne pas embaucher les congédiés). sans pain. par conséquent. S'il est syndiqué, s'il compte parmi l:!s dévoués de l'associ:i.tio:1, son affaire est claire. Au contraire, s'il n'est p:ls syndiqué, s'il est bien vu des porions, la Compagnie ferme les yeux et oublie d'user du droit qu'elle s'est réservé. De sorte que ces renvois, sous prétexte de condamnations correctionnelles, fournissent aux emplo_yeurs un moyen commode de se débarrasser des syndiqués qui les gênent, sans qu'on puisse leur reprocher de porter atteinte à la liberté d'association. C'est à cet abus, à ces iniquités criantes que les ouvriers voulaient mettre fin, c'est ce qui explique et justifie leur dernière revendication. Pour ce qui est du renvoi des ouvriers ayant atteint leur quarantième année, il est aisé encore d'apprécier le:; raisons très sérieuses et très fondées qui ont déterminé les sections syndicales. Dans toutes les
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