La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVüE SOCIALISTE Aux derniàc~, élections. dans les circonscriptions où n'ont pa 1)assé des .;;ocialistes purs, malheureusement n' .)nt pas été sau\'és tous._ les désintéressés, restés fidèles aux idées de la République. telles que les conce\'ait en 187 5 la Démocratie laborieuse, qui alors cro_'l·ait aux Républicains, comme elle croit aujourd'hui aux Socialistes. Cc n'est donc pas encore cette législature qui tentera de reprendre la glorieuse tradition de la ~évolution du siècle dernier. d'accomplir à son tour une œuvrc de progrès, et de préparer la nou\'dle socialité. Le musée Carnavalet a fait dernièrement une acquisition de circonst:mcc, un tableau de Sorcntz de 1849, ayant pour sujet lïnaug:uration d'une statue colossale de Robert Macaire et de Bertrand sur la place de la Bourse. - Le piédestal de la statue porte l'inscription suivante : " A Robert Macaire, les agioteurs reconnaissants. " Sous le péristyk du Palais ùe la Bourse. 1a magistrature en wand coslume assiste à la f1?te. - Une foule énorme entoure la statue: partout des L~annièrcs où peuvent se lire : ,, Primes et reports. - \'~nte d'actions. - Faux poids, fausses mesures. - Amours à prix fiXlS. - Hommes tk lettre:, Lle I ru catégorie, 2t' catégorie ", etc. - Dans un coin du tableau, un group-.: de badauds se pr-.:ssent, apportent dt's sacs d'argent, qu'ils remettent aux abioteurs et entrepreneurs d'affair1..'>. Eh bien, c'est contre cette tourbe que se sont particulièn.:ment faites les élections du 20 aoùt, et contre leurs souteneurs. leurs cumplices ou tout au moins leurs dupes. - Le parti républi.:ain socialiste est encore en minorité, mais quatre ans lui suffiront pour démontrer qu'il est à mème de régénérer la France par son principe de bonheur collectif et sa morale de solidarité humaine. Jamais situation politique ne s'est dessinée plus ndtement. D'un côté, l'armée réactionnaire et l'armée conscryatrice, de l'autre l'armée progtcssiste, Entre les deux premières, il n'y a guère que des différences de degrés. L'autre jour, M. Arthur Meyer réclamait <, une saignée nécess~ire, et l'envoi en NouYelle-Calédonie de dix mille anarchist<.:s. socialistes, révolutionnaires et autres perturbateurs du repos public " Et il terminait son article en conseillant aux ministres ,, de nous donner l'illusion de l'énergie et de faire rentrer dans le silence les ennemis de l'ordre social, aYec ces seuls mots : Que les bons se rassurent et que les méchants tremblent. » Or, c'est une paraphrase de cette apostrophe que M. Dupuy a prononcée pendant les troubles suscités en juillet par sa police meurtrière, et à l'occasion de la guerre qu'il a déclaré\.! aux syndicats en les expulsant illégalement de la Bourse du TraYail, - et à la rentrée des Chambres, dans sa déclaration de guerre aux Socialistes, dans ses menaces de nouvelles lois polidères. Tous les personnages officiels, et de la majorité parlementaire, et leurs sui\'eurs, en veulent plus ou moins hypocritement aux manifestations ouvrières et socialistes, aux synJicats, aux grèves, à l'organisa-

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