La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA SITUA T!ON POLITIQUE de 1869, etc ... Un seul exemple nous suffira à caractériser la réaction parlementaire gouvernante. Ab uno disce 01111,cs, même les Peytral et les Terrier. Voici une phrase du Raynal d'antan : ,< Les véritables ennemis, ce sont ceux qui dominent dans la haute banque, et qui commandent dans toutes les grandes compagnies et qui sentent que la démocratie a le droit d'arrêter le torrent des dividendes; les ennemis sont, en un mot, les favoris des monopoles et des abus. " Et ce même Raynal est l'auteur des conventions scélérates. Et ses amis ont laissé se perpétrer et se propager le wilsonisme et le panamismc. (nii osera nier que tous les ministères n'ont pas été plèins de condescendance pour la Finance et les grosses entreprises gràcc auxquelles elle s'alimente? Qµelle singulière et instructive histoire ministéri<?llepourrait écrire celui qui, depuis une dizaine d'années seulement, aurait possédé l'anneau de Gygès! Oh! combien tristes seraient les constatations <le la pesée financière sur la politique française! En \'érité, l'on s'est souvent demandé en quoi dilTéraient les errements monarchiques et les errements des républicains. Les opportunistes, les républicains de gouvernement, comme ils se plaisent à s'appeier doctoralement, ont répété à satiété que la République était un gouvernement comme un autre. Mais voilà précisément. prononcée par eux-mêmes, la condamnation de tous ces gens-là! Voilà, expliqués, et le ralliement des monarchistes, et l'invite, parfois présidentielle, a tous ,, les honnêtes gens>', d'avoir à s'entendre ... - Orléanisme et panamisme, c'est tout un. Etant,< un gouvernement comme un al!tre ». la République de\'ait avoir le respect de l'argent, devant les représentants duquel devaient s'incliner les ministres. ,< Nous allons bien chez vous, vous viendrez bien chez nous, n'est-ce pas, par politesse?>' - et aussi par besoin de services réciproques. Pendant ce temps, les républicains de conviction qui avaient la naïveté de rappeler les vieilles promesses justicières d'antan et de ressusciter quelque vieux programme réformiste, étaient regardés avec une pitié dédaigneuse, ou traités de malfaisants, voire même de traitres. - Chiant à l'ennemi, le pelé, le galeux, ce n'était plus, ce n'est plus le cléricalisme, mais le socialisme. (hie la République fùt un gouvernement comme un autre, devant user des mêmes procédés que les autres gouvernements, servir les mêmes intérêts et protéger les mèmes abus, le peuple s'est obstinément refusé à le croire. Fort heureusement, car la République courrait un grand danger, si elle n'était pas garantie par les espérances invincibles que la foule des malheureux a mises en elle. Nous assistons à la douloureuse agonie d'un désastreux système politique de compromissions, qui a par trop servilement imité la méthode de la monarchie et conservé ses causes de corruption.

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