LA SiTUA TIO:--1 POLITIQUE 6-- 7 / tion du prolétanat, à, la formation de l'armée du progrès social. Ils sont tous réactionnaires presqu'au même titre. De plus. ils ne proposent aucune réforme destinée à enrayer le pouvoir de I'Argent et des monopoles individualistes du Capitalisme. Enfin, ils repoussent loin d'eux toute re\'ision de la Constitution réactionnaire de I Sï 5, partant les réformes, puisqu'ils refusent l'instrument nécessaire à leur obtention. A des degrés dÏ\·ers, ils sont donc tous réactionnaires. En face des Yves Guyot qui osent traiter les ouvriers syndiqués de" détritus>', et des Trarieux qui leur décochent cette st1prême injure " les maraudeurs, le demi-monde du Travail! "; - en face du demimonde politique; - en face de la nuit réactionnaire et du crépuscule ..:onser\'ateur, luisent l'aurore radi.::ale, avec ses réformes administratiYes, judiciaires, f111ancièreset ouvrières, toutes destinées à rendre la République plus habitable pour le pau\Te, - et le jour socialiste avec ses lumineuses revendications du droit de propriété pour tous, c:t ses affirmations collectivistes, - " la propriété nati<?nale devant, selon la belle expression de Jules Guesde, doubler la souveraineté nationale et en faire une réalité. i• Les manifestations du 1 t•r mai. les congrès ouvriers et collectivistes, le mouvement syndical, la solidarité dans les grèves. tout atteste l'unité ct·action des diverses <'-colessocialistes. - L'on aur::iit1pu traiter avec cette force socialiste grandissante, qui, par le propre elort d~ la conscien.::e publique, apparait déjà comme la dernière espérance natio-- nale. L'on aurait pu chercher avec le Socialisme la formule d"une marche républicaine parallèle, d'un accord agissant entre tous les nais dérno.::rates. Le gom·crn~ment de la majorité républicaine n'a pas compris cette opportunité, frappé de la même cécité qui a toujours perdu les gou\'ernants en présence des grands mouvements progressistes. - C'est cependant ce qu·aurait fait M. Goblet. C'est ce qu'ont toujours conseillé MM. Clémcnceau et Pellètan, qui ont dit et écrit qu'il y avait ,< nécessité urgente d'entamer la lutte contre la féodalité financière, plus odieuse que l'ancienne, - qu'il fallait pratiquer une politiqu,2 republicaine ayant pour objet l'étude et la solution des questions soci:i.lcs, en mèmc temps que la préparation et l'avénement du Qyatrième Etat: - qu'il fallait être, parler et agir "dans l'esprit socialiste. » Bref, jamais moment n'a été plus favorable pour entreprendre la sériation rationnelle des réformes à poursuivre. C'est ce qu'a surtout admirablement compris Millerand, ainsi qu'en témoignent ses nombreux discours et l'habile direction qu'il a su imprimer à la Petite République Fra11çnise, et aussi ces simples et précises affirmations du programme socialiste minimum, marq1,1antclairement la route du progrès socialiste : ,< Nous sommes contre le renouvellement du privilège de la Banque de France. - Nous sommes pour la repri~e des chemins de fer par la nation. - Nous sommes pour l'expropriation dés grandes com33
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