LA REVUE SOCIALISTE mental, et non pas pour procurer au peuple plus de bien-être. plus d'égalité. plus de liberté, plus de justice. Nous reconnaissons volontiers que c'est plutôt par le jeu naturel des choses que l'on arrivera au Socialisme intégral, à la condition toutefois que ce jeu ne soit pas contrarié par une réaction aux abois, à la condition que l'impatience populaire provoquée par trop de manœu\'res réactionnaires n'éclate pas en un formidable mouvement révolutionnaire. auprès duquel la Terreur de 93 n'aura été qu'une idylle. Q!.1oi qu'il en soit, nous n'avons pas à présager le comment de l'avenir. Il sera un peu ce que le feront les hommes que le suffrage universel enverra au pouvoir. li nous suffit de constater que le Socialisme est la résultante de tous les mouvements émancipateurs de l'Humanité et de l'évolution connexe de la Pensée et du travail de la production économique. Le Socialisme sera parce qu'il est, parce qu'il devient. Q!.1iconque n'est pas socialiste n'est pas républicain. - Quiconque n'a pas des tendances collectivistes est réactionnaire. - Nous ne perdrons pas notre temps. ni celui de nos lecteurs, à démontrer plus amplement ces vérités philosophiques et sociales qui découlent des lignes précédentes. Cependant, nous devons expliquer ces aphorismes et leur ...:nlever kur apparence sectaire. Certes, nous ne prétendons pas qu'à l'heure actuelle, où l'évolution économique et intellectuelle vers le Socialism...: n·a pas encore achevé son cycle, soient réactionnaires tous les hommes qui ne brùlent pas des cierges dans les diffàentes chapelles du parti socialiste. Il suffit qu'un programme politique, tout en se refus:int au collectivisme, ne soit pas la négation mème des réformes qui peuvent y conduire malgré leurs promoteurs, pour que nous ne rejetions pas ces derniers dans le clan réactionnaire. 11y a toujours eu de généreux Jourdain qui ont fait de la prose sans le savoir. lei même, l'on a beaucoup écrit. Malon le premier, sur les déceptions qni ont suivi le triomphe républicain de 1877, aurore dorée et trompeuse de tant de déceptions. Nous n'avons pas à y revenir, mais qu'il nous soit permis de dire que le parti républicain gouvernemental est resté progressiste tant qu'il n'avait pas réalisé l'égalité militaire et l'égalité scolaire. Mais du jour où la loi militaire, et surtout la loi scolaire, ont été votées, le parti républicain s'ingénia à ajourner toutes autres réformes. De là date sa régression, car l'immobilité étant impossible, puisque le mouvement est la loi même de la vie, celui qui n'avance pas recule. D'où, chez les uns les alliances inavouées et ina- \'OUlablesavec la réaction, chez les autres une marche conservatrice parallèle à celle de l'armée réactionnaire, de sorte qu'aujourd'hui il est difficile aux espïits simplistes de saisir les nuances qui séparent l'opportunisme du conservatisme. Le même mot d'ordre a inspiré tous les ministères qui se sont succédé : résistance au radicalisme et à fortiori au Socialisme. Abandon des principes et du fameux programme minimum
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