LA SITUATION POLITIQUE Par une suite in~,·itable, chez les uns de l'égoïsme, chez les autres de l'ignorance partielle du droit même, - les droits de l'homme sont toujours violés. Mais face à face d' Ahriman lutte toujours Ormuz. Par une invincible impulsion de la raison et de la conscience, on tend de nos jours à réaliser, pour tous les hommes sans exception, le droit d'é 6 alité et de liberté. En un mot, c'est l'extinction du prolétariat qu'il s'agit aujourd'hui d'effectuer. Pour achever de s'affranchir, que manque-t-il donc au peuple pompeusement déclaré libre? Ce qui manquait, non pas seulement aux esclaves, mais encore même aux plébéiens des premiers temps de Rome, des temps modernes et de l'époque contemporaine, quand ils eurent conquis leurs droits personnels, - c'est-à-dire : une certaine propriété sans laquelle nulle liberté, - et une participation plus réelle au pouvoir. - Le problème qu'il faut ré.soudre, et qui renferme l'a,·enir du peuple, n'est que le problème perpétuel ·cte l'Humanité, à sa,·oir : la réalisation de la liberté fondée sur l'égalité de nature. Or aujourd'hui le droit, se résolvant dans l'individualisme, oppose à sa propre réalisation intégrale dans la société un invincible obstacle. Il faut donc trouver une organisation où toüt le monde soit propriétaire, problème dont l'unique solution est l'établissement d'une organi sation où nul ne soit propriétaire. Partout et toujours, l'égalité et la liberté eurent la propriété pour expression et pour but. Et c'est vers cette conquête que l'on peut pour ainsi dire suivre de l'œil la marche, partout la mème, de l'affranchissement progressif des masses opprimées. Le collectivisme, loin d'être la négation de la Révolution française, cette synthèse de tous les mouvements progressistes de l'Humanité, le collectiYisme n'est au contraire que la consécration des principes de la Révolution, la condition si11è q11ci non ·où, seulement, ils pourront trouver leur application intégrale. Le collectivisme est le mbstratuw essentiellement nécessaire à la mise en pratique complète et étendue à tous de la trilogie révolutionnaire. Dans un milieu socialiste seulement, gràce à la sécurité égalitaire et à la justice solidaire qui y régnero11t, tous les hommes pourront être vraiment libres, égaux et frères. Voilà la vérité, dont l'évidence est destinée à frapper de plus en plus les esprits consciencieux. Malon l'a surabondamment démontré dans la première partie de son Socialisme intégral. Voilà, sans que l'Humanité s'en rendit bien compte, l'étoile lumineuse qui n'a pas cessé de la guider dans sa marche en avant, à travers toutes les embùches de l'esprit d'.égoïsme et de réaction. Compris ou incompris, conscient ou inconscient, le Socialisme est depuis lon.gtemps devenu la nouvelle foi populaire. Car cela serait outrager le bon sens de soutenir que les révolutions successives de ce siècle ont été faites uniquement pour changer le personnel gouverne-
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