ROBERT EERNIER duite de notce ami. en toutes circonstances, sen·e d'exemple aux nouveaux venus dans la vie littéraire et sociale. V. Jaclard parle ensuite au nom du syndicat des journalistes socialistes. Robert Bernier était des nàtres, dit-il. et nous le re,·endiquons avec fierté; c'est pour le bon combat qu'il s'est dépensé, hàtivement, saHs compter, avec la prodigalité des natures trop généreuses. Poussé par l'irrésistible besoin de se dévouer, il ne consulta pas ses forces; épuisé dés l'adolescence par le rude labeur de la vie d'employé. il donna ses veilles. bravant ainsi le mal qui le guettait. Ce mal terrible a abattu l'arbre bien avant qu'il ait pu porter tous ses fruits. Cependant la récolte qu'il nous laisseest déjà fort belle. li a su, si jeune, à l'àge où la plupart d'entre nous cherchent encore leur voie, faire œuvre de maître et créer des élèves. Pour ne citer qu·un, exemple, la Rc'v11c Moderne qu'il a fondée a\'ec notre ami Cassard, de Lyon, a donné naissance à toute une poussée de brnnches robustes, qui aujourd'hui brillent sur les sommets littéraires et dans lesquelles on sent couler la sève débordante des idées qui nous sont chères. Cette poussée éclatante produira à son tour de nou\'eaux et magnifiques rejetons dans le domaine de l'art et de la littérature socialistes. Et c'est ainsi que l'àme de notre ami, après avoir épuisé une première et trop fragile incarnation, continuera son radieux voyage, empruntant d'autres formes nouvelles et multiples, et réalisera ce rè\'e <l'immortalité, dont d'autres n·ont su nous montrer qu·un grossier symbàle, mais dont nos philosophes ont fait une conception grandiose et naie : la résurrection sans fin de nos formes périssables dans l'idéal toujours jeune et toujours grandissant. En terminant, je demande à me· tourner vers la veuve éplorée. Elle fut la compagne aimante et dévouée de notre ami, disons de notre frére. Aussi une chaîne sacrée nous lie, faite de sympathie et de de,·oir. C'est du plus profond du cœur qu'au nom du syndicat des journalistes socialistes dont \'Otre époux était membre. je vous dis, chère citoyenne Bernier : vous êtes de notre grande famille, vous êtes notre sœur à tous. Puis Adolphe Tabarant, s'approche, très impressionné: « Au nom de ce qui fut le du Clnb de !'Art social dit-il, et aussi au nom des amis, de toute une jeunesse socialiste, je viens dire à Robert Bernier, le fraternel adieu que lui doit notre affection impérissable, l'adieu suprême que mes lèvres auront peine à prononcer. )3ernier est mort, emporté par un mal terrible. Et si inattendue, pour ma part, a été la brutale nouvelle, qu'aujourd'hui encore, à la minute même où j'essaie de trouver des mots devant le cadavre de l'ami pleuré, la triomphante idée de la vie, s'empare de moi et me
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