La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE Rev:u Socialiste, puis les anciens de la Revue Moderne : Eugène Morel, Bouchet, Henry de Braisne. Victor Jaclard, pour le syndicat de la Presse socialiste. Ch. Poirson, pour la rédaction de La Fournaise, Louis Tailles, en souvenir des défuntes A1111aleasrtistiques et littéraires. Mme E. Odin, pour la Revue Europre1111e. Perthuis, pour la Maison d11 Peuple. Mme V\'e Léon Clade!, Mme Hélène Sarrazin, Teulon. docteur Bertrand, Georges Docquoy, Paul Lagarde, Edouard Larnpérière et Mme Vve Lrn1 péri ère, Belleq, etc., etc ........ Et, tandis que nous suivions. lentement, les allées du cimetière sous l'oppression infinie de cette cérémonie, par ce matin gris d'automae d'une mélancolie intraduisible, tout le passé se le\'ait devant nous : les longues causeries d'autrefois, les bonnes discussions des soirs d'hiver dans la petite chambre envahie par les livres, toutes ces hcures 1dïntirnité confiante et de mutuel abandon qui avaient coulé. si rapides, et n'étaient plus, maintenant. qu·un douloureux souvenir! ... Ah! la mort, la mort brutale, qui nous les prend tous les uns après les autres, ceux dont la \'Oix nous ranimait aux heures du doute angoissant et dont la main tendue nous avait montré. au loin. là-bas, perdue dans les brumes de l'avenir, une étoile fixe, si brillante malgré l'éloignement, que nos yeux ne se peuvent plus détacher d'elle, et que vers elle, i11Yinciblement, montent toutes nos pensées, tous nos espoirs ..... Auprés de la fosse OU\'erte, au fond de laquelle le cercueil vient dt! glisser, Eugène Fournière s'avance, et parle d'une voix ,·ibrante d'émotion difficilement contenue. Il dit - les nécessit~s du tirage ne nous permettent pas de publier le texte entier des discours et nous devons nous borner à de courts extraits - il dit les pertes éprouvées par la Rcime Socialiste cette année et le chagrin qu'il ressent à adresser un dernier adieu à Robert Bernier. ,< Je ne \'eux pas m'étendre, ajoute-t-il, sur les grandes qualités de cœur et d'esprit du pauvre mort. Je \'eux dire seulement le grand mérite qu'eut Bernier. Il fut un des précurseurs de l'Union socialiste. C'est lui qui gràce à sa douceur et à sa grande bonté, groupant autour de lui, de jeunes écrivains. les amena au socialisme. Si la jeune littérature \'ient au socialisme, c'est à lui que nous le devons ... Bernier fut un généreux et un tendre. Dans ce qu'il écrivit, il mit, avec toute sa pensée, tout son cœur. Au nom de la Revue Socialiste, Je lui adresse un suprême et fraternel adieu et je souhaite que l'expression des regrets qu'il laisse parmi nous puisse adoucir un peu la douleur de ses proches. >' Ch. Poirson vient ensuite apporter à Bernier les hommages de la funesse littéraire. Il retrace cette vie si courte et si bien remplie, 1'111fluence de l'écrivain sur tous ceux qui l'approchèrent. Il rappelle en termes émus les grandes amitiés que laisse Bernier et finit, après une remarquable étude de son style, en émettant l'espoir que la noble con-

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