La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE donner la charge de contribuer, le cas éché:mt, à la nomriturc et à l'éducation d'un enfant qu'on lui impose malgré elle, et qu'on donne à œ mèmc enfant, qui, pour elle, est un iutrus, des droits successifs sur les biens de b famille. ~1ant à la Société, elle a le droit et le devoir de faire respecter les lois qu'elle s'est donnée; or l'enfant naturel, nouveau reconnu, tombe /1sa charg..: sans son consentement. D'autre part, si on donne à l'enfant naturel les mêmes droits qu'à l'enfant légitime on amoindrit le mariage, base de l:t famille, qu'elle doit faire respecter. Et quand il s'agira d'enfants incestueux ou adultérins, les assimiler aux enfants légitimes, n'est-ce pas ratifier les délits d'adultère et l'inceste, ce qui est inadmissible? La question n·est donc pas aussi simple qu'on pourrait le croire au pr..:- mier abord, et c'est la conciliation à trouver entre ces droits également respectabll!Squ'il s'agit de trouver autant que possible. Si la recherche de la maternité déjà difficile, est cependant possible par..:e qu'il y a des faits matériels et visibles de grossesse et d'accouchement susœptibles de preuves; la paternit..: elle, ne peut jamais se démontrer. Les faits pr~- cis de cohabitation plus ou moins prolongée, de séduction et même de violence, ne peuvent jamais constituer des preuves certaines, puisqu'ils se heurtent /1l:1 nécessité d'une preuve négative, c'est-à-dire impossible, 11savoir, que la femme n'a jamais dans le même temps ni eu, ni pu avoir, de rapports avec d'autr.:s que le père supposé. La paternité légitime est, certes, dans le même cas, mais elle est protégél! par une présomption morale, rendue !..:gale par le fait du mariage, pr.:somption qui ne peut s'étendre à la paternité illégitime, puisque celle-ci a son point de départ justement dans un manquement i1la morale. Une autre difficulté vient encore du scandale de la preuve qui, lors,1u·o11 entreprend de la faire, atteint la famille qu'elle couvre de honte. En cas t1·adultère la poursuit<.:contre la fomme et son complice ne peut avoir lieu que: sui b plainte du mari. Si un enfant adultérin peut être autorisé à prouver l::t paternité adultérine, il va déshonorer sa mère et faire la preuve de l'adultc:rc contre le gré du mari qui l'ignorait peut-~tre ou avait préféré le pardon au déshonneur et au ridicule. En cas d'inceste, c'est l'opprobre permanent jdé sur le phe et la mère. Enfin, il y a le chantage possible au moyen duquel, sous la menace d'un pr0c~s scandaleux, on pourra extorquer, même à des innocents, des somme-; d'argent, ou leur imposer une parenté contrairement à la vérité. Ql1c conclure alors? M. de la Grasserie pens.! qu'il faut faire cert:lines distinctions de façon à concilier ces différents droits de !'Enfant, de la Famill.: et de la Société, et que, si on décharge l'enfant de toute rcspons:ibilité pour n.: l:t faire supporter qu'aux vrais coupables, chaque fois que cela est possible, il faut, néanmoins aussi, respecter le droit non moins intéressant de la famille et de la société qui, pas plus que l'enfant, n'ont également rien :1expier. Nous ne suivrons pas notre :tuteur dans les minutieux détails quïl examine successivement pour justifier le projet de loi (un peu touffu p~ut-être, 01 articles!) par lequel il termine son travail. Sans reproduire ici cc projet de loi, je voudrais en indiquer les J:gnes

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