LA REVUE SOCIALISTE d'amertume. ·s'ils peuvènt penser que leur desti:1 est une conséquence de b natur~ 1-:1Cmdees choses, un résultat des lois supérieures auxquelles ils croient. un effet de la \'Olonté de Dieu qu'ils aiment. Il n'est pas rare de \'Oir des gens unis par une rnéme foi. par un même amour pour une idL-e, p:i.r un d~sir ardent d'un même résultat, s'organiser de leur mieux sans tro;) cie heurts et travailler chacun a\'Cc ardeur à la ré:tlisation èe l'idé:\l commun. Malheureusement en ce moment, si chacun de nous peut plus ou moins se créer un but. si des groupes partiels peuvent se forl1"!er d gLwiter autour d'une idée qui les Lntraine, cependant on ne ,·oit guerc de doctrine religieuse ou philornphique capable dè ralii~r J'ens~rnblè des hommes et d'inspirer le dé\'Ot!e111e1~t Lt le ::acrifice. ~ans doute l'idée de patrie, sans doute l'idée même des réformes à fai:-e et l'espoir ou le rêve d'une societé moins imparfaite, s:.ns doute e1~core certaines conceptions philosophiques peuvent dès maintenant ras:,cmbkr quelques enthousiastes. mais b m«sse reste assez immobile, indifférente. sans qu'on puisse lui reprocher très \'i\'Cmcnt de ne pas se rallier a d-:s doctrines qui s'ébauchent encore. Et c·e::.t pourquoi la religion, en maintenant malgré tout un reste d'unité, peut encore avoir une grnnde importance même au point de nie de b doctrine qui lui succèdera. si une doctrine parvient à s'in-:poser, - c~ à laquelle eile prépare les ,·oies, comme l'empire romain, qui la ptr~écutz.it, les lui pr~parn jadis. En tous cas, c'est ici. c'est pour fonder une doctrine général~. une foi commune qu'on peut compter sur les efforts des moralist~s. des philosophes. des théoriciens en général. Sans dout~ l'on ~c tromp~ra encore en choisissant cette dcctrine et CLttc foi, mai:, b v~rit~ peul attendre, son tour Yiendra, si le monde dure et si l'humaniti ne ·abêtit pas. Mais ceci n'est qu'une partie de la question. A coté des croyances il y a les intérêts. Sans doute les uns et les autre~- peun~nt se rattacher étroitement e1:sernble puisque les intérêts généraux se rapportent évidemment à l'objet de \J. foi: le plus grand intérêt d'un chrétien c'est d'être sau,·é, et celui d'un saYant d'arri\'er à la solution qu'il chercl-:e. Mais, ~ coté de ces intérêts éleYés, auquel tout le monde n'est p:1ségalement sensible. il y a une foule de petits intér~ts secondaires si l'on veut, mais tout de mème e:sentiels à la ,·ie et qui sor;t aussi tr~s capables de créer ou d'affermir entre les hommes les liens de rnlidarité. d'«ssistan.cc et de dé,·ouement réciproque qui constituent l'état social. C'est ici que les questions pratiques reprennent l'avantage et que les réformes, même les moins ambitieuses. montrent leur vertu. Toutes les fois qu'en pourra harmoniser les intérêts des hommes, on tendra à augmenter en eux l'esprit social. Sans dout:.: il 1,e faut pas compter sur une transformation soudaine de l'homme, mais on aura ouvert à l'esprit une voie qui le rapprochera du but. Aussi. faut-il, je crois attacher une grande imporhnce à toutes les tentati,·es dont le but est d'unir plus solidement les
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