LA REVUE SOCIALISTE Elle en a aussi à empêcher la perpétuité et la multiplicité de ces revendications d'hérédité qui peuvent remettre en question, et par suite, troubler de nombreuses transmissions de propriété, d'où procès, arrêts dans la circulation des capitaux, stagnation des affaires, troubles des rapports moraux et d'affection, etc. j'arrive maintenant à la seconde partie de ce travail, celle qui concerne les modifications à apporter aux droits d'enregistrement, de mutation, perçus actuellement sur les transmissions de propriété soit par donation entre vifs, soit par testaments ou héritages. Le principe de la méthode que je propose, repose sur un système bien simple de proportionnalités progressives. Il me paraît plus équitable que ce qui existe, en ce qu'il épargne les petites bourses et doit par ses prélèvements de plus en plus considérables qu'ils s'appliquent à des successions de plus en plus grosses, arriver à constituer pour l'Etat un important appoint de dégrèvement et de progrès. j'ajoute qu'il m'apparaît de plus en plus - et la curieuse campagne anti-sémitique, à laquelle nous assistons, n'est, je crois bien, qu'un des effets inconscients de cette vérité - que la concentration dans quelques mains d'énormes capitaux absolument disproportionnés avec les besoins et même les possibilités de l'existence, constitue pour notre démocratie une cause de ruine des plus certaines et un danger des plus flagrants. Et la ruine est d'autant plus imminente que la nouvelle aristocratie de l'argent absorbe pe1:1à peu tous les privilèges de l'ancienne aristocratie, sans faire ce que faisait celle-ci - ou plutôt ce qu'elle était tenue à faire - c'est-à-dire, rendre en services sociaux une par!ie des avantages qu'elle monopolisait. La noblesse obligeait encore à une sorte de solidarité de tutelle et de protection, du noble au vilain. De nos jours, l'aristocratie de l'argent ne croit rien devoir aux autres citoyens, si ce n'est le mépris peut-être et l'oubli de tout ce qui n'est pas sa propre puissance. Elle en arrive à se croire d'une autre espèce, d'une autre race, comme elle appartient en effet, à une autre morale, celle qui consiste uniquement à s'enrichir par quelque moyen que ce soit « la fin justifie les moyens! » Ainsi comprise, la fortune est plus qu'un privilège; elle est un obstacle au progrès, au bien de tous, une honte et une cause de désorganisation sociale. Déjà il devient dangereux d'en arrêter la marche envahissante et fatale, tellement aux yeux de la foule prosternée sottement aux pieds de l'unique idole du jour, le veau d'or, elle apparaît comme une sorte declasse sacerdotale.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==