LA REVUE SOCIALISTE l'unité résulte d~ la solidarisation d'ensemble de toutes les parties qu n'empêche pas ces dernières de conserver chacune ses propres mouYem;-..ntsdans sa propre sphère. Seulement, et ceci est aussi remarquable que suggestif, tandis que dans le corps physiqL1es les parties composantes sont des molécules composées d'atomes dont la scienœ nous oblige à admettre l'état d'oscillation ou de gyration extrêmement rapides et infiniment petites, tandis que la physiologie analytique nous enseigne, sous le nom de physiologie cellulaire (Virchow). que les éléments anatomiques jouissent chacun d'une Yitalité propre dont l'ensemble, ou mieux dont les résultantes constituent la fonction des organes, la vitalité de l'animal, nous voyons, dans l'organisme social, 1es individus vivre, holuer séparément dans une zône indi\'iduelle qui est d'autant plus indépendante, d'autant plus vaguement limitée que le c:,rps social est moins dense et moins organisé, au point qu'il nous faut de la ré!lexion suivie pour arriver à nous bien pénétrer que chacun de nous ne représente qu'un dément, qu·un membre de l'organisme sociétaire auquel nous appartenons. C'est ce qui a fait dire si justement à Tardes que,. "dans le monde social on a, sous la main. les cwses. " \·éritables, les actes individuels. » ( 1). Nous sommes ainsi amenés à la conception de la caractéristique essentielle du fait social, la résultante des actions. influences, forces ou facteurs en présence, c'est-adire leur solidarisation et non leur addition. Par conséquent, la loi de rnlidarité nous représente, en même temps, et le nai mécanisme du déterminisme social et la conception la plus adéquate que nous puissions aYoir de l'évolution et de l'organisation sociales. Nous pouvons donc revenir à la définition du droit, par Fouillée, " la conformité à l'ordre humain, à l'ordre des libertés ", en opposition à la \·ieillc conception théologique qui fait consister le droit " dans sa conformité à l'ordre divin » (2). Nous comprenons en effet, que la liberté indi- ,·iduelle ne peut avoir d'autre restriction que la liberté de nos semblables, ni d'autre limite que l'orbite de notre évolution dans la zone de notre solidarisation a\'ec le corps social dont nous faisons partie. Par conséquent, notre liberté, comme notre droit, ne peut être que la résultant~ des libertés et des droits collectifs se modifiant et se limitant diITéremment suiYant les temps et les lieux, le progrès, consistant ici. comme en tout, en la perte, c'est-à-dire en la dépense la plu:-. minime poL,r le maximum d'effet. Par conséquent, pour approcher le plus po~- ~ible de" la liberté idéale, il faut qu·elle soit l'œuvre de la liberté ellemème : il faut. toutes les fois que faire se peut, qu'elle soit librement acceptée et voulue. Or, comme les conditions et les rapports d..:s facteurs sociaux sont nécessairement valables suivant les temps et les lieux, au moins en ce qui concerne ceux qui sont l'objet des iois écrites l 1 )Tarci..:_, : " Loi, de l'imitation ,,, 1 vol. in-S·. Alcan, 1~90 (2) Lucirn~·un. ,, Introduction i1 l'ctudc du droit ,,. 18ï9-
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