LA REVUE SOCIALISTE vailler, enfin le travail des uns peut aussi bien faire obstacle au travail des autres. ~-N'est-ce pas là le socialisme tout entier, clairement. simplement exposé dans sa source, naturellement expliqué dans sa genèse, légitimé dans sa revendication de l'organisation nécessaire du travail, de la production et de la propriété? Et cela ne fait-il pas désirer de voir un aussi illustre penseur tenter, à son tour - comme il nous en laisse entrevoir l'intention dans sa préface - de nous donner une orientation à suivre dans nos reYendications et réformes? <, La collision des libertés individuelles au sein de la société donne lieu à deux problèmes principaux que la science sociale con,temporaine doit résoudre : prévenir cette collision, la réparer quand elle s'est produite. >' Ici l'auteur nous semble trop entrainé par sa conception du d,•oit ( 1), à localiser son attention sur le coté juridique : nous croyons qu'il serait plus instructif et plus fertile en déductions pratiques, de chercher dans l'analyse des mobiles humains. dans le mécanisme d'action, des facteur5 de l'évolution et de \'organisation sociale, les vraies causes d-e ces collisions, de ces luttes dont une observation superficielle tendrait à vouloir faire la loi du monde. Pour nous, l'assimilation du corps social à un organisme vivant (H. Spencer), à un superorganisme '.de Greef), à un organisme contractuel (Fouillée), de plus en plus généralement admise, a surtout pour avantage de nous faire saisir l'importance des roles prpportionnellernent à la place de chaque facteur dans la fonction comme dans l'organisation sociale. En un mot, il en est de la science sociale comme de la science de l'homme, ce qu'il irnpocte de savoir, c'est le fonctionnement. c'est la loi de la \'ie sociale comme la loi de la vie humaine. Or, nous croyons avoir démontré que la loi de vie par excellence est la loi d'organisation, grâcè à laquelle s'établit et se maintient \'adaptation des organismes vivants à leurs conditions de milieux, se f fixe organiquement et se transmet cette adaptation sous le nom de fonction,. d'hérédité, d'instinct_. de mentalité, de sociabilité, de moralité et de solidarité ( 1). Nous avons vu que le corollaire capital de cette loi de l'organisation,• c'est que le degré d'organisation est proportionnel au degré d'importance vitale de l'adaptatior\ en question et de 1'ancienneté du rapport del' organisme avec la condition dont elle découle. _Nous retrouvons dans tout le règne organique la confirmation de cette loi par la constatation constante de l'organisation des adaptations aux• conditions de milieu, des différenciations a9atomiques et fonctionnelles, directement en rapport avec l'importance vitale de ces conditions et de ces fonctions ; partout l'adaptation à l'organisation des fonctions de nutrition précède et domine celle des fonctions de sensibilité ou de relation psychiqtie. Voilà pourquoi nous retrouvons, à (1) A. Fouillée, Idée moderne du droit, Paris, Hachette. (1) << La Vic et la Pcnsec », Alcan 1893.
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