La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA SCIE:--ICESOCIALE CONTEMPORAINE -sée; 20 désirée par l'homme qui est à la fois l'ouvrier et l'œuvre. Nous voulons que ce soient les individus qui, de leur propre mou\'ement,. s'accordent, s'associent, contractent, forment ainsi un organisme intelligent et volontaire, d'autant plus vivant et animé, et aussi d'autant plus solide et durable, qu'il est plus intelligent et plus volontaire >) (p. 1 90). ,< L'idéal social le plus compréhensif est évidemment celui qui .concilierait à la fois la plus grande individualité de chaque membre et la plus grande solidarité de tous les membres" (p. 248). Quant aux conséquences qu'on a voulu tirer de la conception biologique de l'organisme social au sujet de la théorie d'une conscie11ce • sociale, réelle dans le sens ontologique, et d'application à une politique répressive, retardataire, 'l'auteur montre qu'il suffit d'en ,< appeler d'un ,< naturalisme mal informé à un naturalisme mieux informé i' pour constater que les ,, vraies lois de l'organisme social donnent raison à "' l'école libérale, non à l'école autoritaire>' (p. 256). La différence qu'il y a entre le monde social et le monde physique, c'est que le premier est conditionné par ,, les collisions de toutes sortes entre les volontés. Notre liberté, quelle qu'en soit la nature intime, est liée à un corps qui ne peut exister sans une place qu'il occupe au sein -de l'étendue, sans le pouvoir de changer de lieu, sans le travail, sans la transformation des objets extérieurs pour son usage, sans de pcrpetuels emprunts à la nature. Alors se développe pour la liberté une série de -servitudes, c'est-à-dire de fatalités : à une première, une seconde vient se joindre, et on peut dire que la chaine est sans fin. Les conf1its éclatent entre une liberté physique et une autre : un homme veut une chose, un autre la veut aussi; leurs mouvements et leurs actions se font obstacle, quoique la volonté intérieure du premier n'empêche pas la-volonté du second. Cet accord des volontés à vouloir une chose qui ne peut appartenir qu'à une seule est le principe même de la discorde.>) Oui, mais n'est-ce pas aussi le point de départ de la source d'un accord qui découL de concessions nécessaires résultant de l'équilibration naturelle des forces ou influences en jeu, et ne trouvons-nous pas là rexplicatio,1 toute mécanique en mème temps que la raison inéluctable, des droits, des appropriations de toutes sortes, des rivalités et des lqttes, des guerres et des conquètes, des réactions et des révolutions, par suite de la tendance universelle des forces à se contrebalancer, à s'équilibrer, dans le monde social aussi bien que dans le monde physique et organique? » ( 1). Ainsi, ,< les effets du droit de propriété, en couvrant le sol de· barrières, peuvent gèner le droit de circulation; la propriété peut aussi,. en s'accumulant dans un petit nombre de mains, y concentrer les ins-, truments de travail et gèner chez autrui l'exercice du droit de tra,, (1) Voir à ce sujet: Le Mo11dcPh!Jsiq11eL, a vie et la Pensie, Alcan ..

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