LA REVUE SOCIALISTE cette loi, car on oublie qu'il ne suffit pas de considérer exclusiveme;,t le prix du salaire et de le montrer en augmentation graduelle pour établiune supériorité réelle au point de vue économique, attendu que les conr <litions économiques comprennent non seulement le salaire considéré séparément, mais résultent de la balance entre le gain et la dépense, sans oublier le parallèle entre la quantité de travail fournie et la dépense de vitalité, en un mot, les conditions intégrales de la vie physiologique et sociale. D'autre part, nous ne devons pas plus négliger le côte contractuel de la vie sociale que nous ne pouvons oublier le coté psychique dans la vie de l'homme. Tout le monde reconnait que la suppression de la conscience implique la suppression de la personnalité; de même, nous devons considérer que retirer à l'homme sa part contractuelle dans l'organisme social, c'est le rejeter de la société, c'est le supprimer en tant que membre du corps social. Par conséquent, la société doit à tous ses membres de les faire participer à sa vie intégrale, ..et a. le même intérêt à les entretenir et à les développer, que notre corps à nourrir et à vivifier chacun de nos éléments anatomiques, sous peine de dégénérescence, d'affaiblissement, de maladie ou de mort. ,< Le bonheur général est supérieur au malheur général, et le déve1oppement le plus grand possible des intelligences, des volontés, des sensibilités, est supérieur à leur état rudimentaire, ne fùt-ce que comme constituant un fond de félicité plus grande. Même au point de vue tout mécanique de force à obtenir dans la société, la paix et \'harmonie sont encore supérieures à la guerre et à la discoràe. Nous n'avons donc point besoin d'invoquer un principe n p, iori, transcendant et mystique, là où suffisent les faits et les idées. Nous pouvons arriver par l'expérience même, et nous arrivons, en effet, à concevoir une société d'êtres libres, égaux et frères, une république universelle qui, si elle était réalisée, serait évidemment meilleure que la guerre et le conflit brutal des forces.» (p. 185.) ,< Si le progrès industriel laisse subsister les misères modernes, c'est que la production est mal organisée, c'est qu'elle est livrée à une décentralisation malheureuse, à un individualisme mal entendu, à Ui1 éparpillement des forces vives qui entraine sur beaucoup de points une véritable anarchie industrielle» (p. 18j). ,< Le régime actuel de l'industrie où le capital lutte avec le travail et où l'association joue encore un si faible role, n'est évidemment pas le régime final; l'intérêt même des tra,·ailleurs, la simple recherche du bonheur général - sans parler des autres mobiles de l'humanité- suffiraient pour amener avec le temps le type supérieur d'organisme sccial où se réconcilieront la centralisation et la décentralisation, la liberté des co:,trats et la solidarité produite par les contrats mêmes» (p. 188). ,, L'évolution humaine, pour s'accomplir, a besoin d'être : 1° pen-
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