i.A SCIENCE SOCIALE CONTEMPORAINE 5ï9 aujourd'hui la connaissance des grandes lois de la vitalité et de la santé permet l'application des mesures d'hygiène et de préservati'on par les lois, les règlements administratifs et l'instruction ; nous pouvons même souhaiter et entrevoir un a,·enir prochain où ces connaissances, dites encore scientifiques, deviendront le lot du plus grand nombre, et cela, pour le plus grand bien de tous. Il en sera certainement de même dans le domaine social. Nous en sommes encore aujourd'hui à des vues spéciale:,, ou à des idées empiriques: la notion du déterminisme social n'a point encorè pénétré dans les esprits, du moins dans ses rapports et dans ses analogies avec le déterminisme universel, mais les temps sont proches où la vulgarisation, où la généralisation de l'idée de solidarité sociale aura pour conséquence de développer dans l'individu le sentiment, la conviction des a,·antages el de la nécessité pour tous de s'aider, de s'unir, au lieu de se di viser, de se com bctttre. N'est-ce pas là le sens, déjà facile à saisir. de tous les modes d'association. de solidarisation qu'indiquent et qu'impliquent nos syndicats, nos (~dérations, nos aspirations à une règlementation de la production. du travail et de la richesse. D'ailleurs, nous ne devons pas plus nous étonner, ni nous inqu1eter de voir l'éclosion des utopies et des doctrines se succéder et se multiplier dans le domaine social, que nous ne pouvons méconnaitre le caractère hypothétique et erroné des premières interprétations scientifiques, car une hypothèse ne constitue qu'un moyen. qu'une cause de nouvelles recherches, une plus profonde investigation, c'esl-à-dire qu·une hypothèse, comme une théorie. comme une doctrine et même comme une utopie, représente \'élément d'une sorte d'expérimentation qui peut devenir le point de départ d'un progrès ou la confirmation d'une loi insuffisamment connue jusque là. Seulement pour arriver à n'accorder à une hypothèse, à une théorie, et même à une loi scientifique que cette valeur transitoire, relative aux circonstances où elle est manifestée et à notre état d'esprit qui la conçoit. il faut avoir su acquérir le véritable esprit scientifiqne, il faut avoir compris ie sens de la science expérimentale. Voilà pourquoi il est encore actuellement si difficile à un e--<périmc11taliste de se faire comprendre et de faire admettre les enseignements cependant si profonds et si fortiles de la science. La plupart des esprits, en effet, sont encore tout imprégnés de la conception mysticométaphysique des choses, et ne peuvent guère arriver à admettre la relativité de nos connaissances et conceptions et, par conséquent la relativité de leurs pro,res idées, ainsi que des systèmes et des réformes quïls ont « inventés" et qu'ils préconisent avec une naïve bonne foi. Ce nê sera qu'à force d'attirer l'attention sur des livres comme la Science Sociale de Fouillée, ce ne sera qu'en revenant à tcute occasion sur la nécessité d'arriver à une conception expérimentale de l'évolu-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==