- .. LA VIE ET LA PENSÉE Concluons avec le D' Pioger que « la volonté est la plus haute " manifestation de la personnalité humaine; mais elle ne peut l'être « qu'à la condition d'être l'expression de tout ce qui caractérise. per- « sonifie la façon de sentir, de comprendre dejugeretd'agirde chaque «individu; ce qui veut dire que la volonté n'est et ne peut être que la ,<résultante de la constitution physiologique et psychologique de l'in- « dividu. Cela nous ramène à concevoir la volonté comme la façon « particulière dont chacun se trouve adapté, ajusté, accordé pour vi- « brer, réagir en présenc• des excitations, absolument comme nous ,< l'avons vu pour la sensibilité, l'instinct et la mentalité. » De même que la vie embrasse l'ensemble de nos fonctions physiologiques, la pensée à son tour embrasse aussi les diverses opérations de notre vie psychique. C'est donc là, au-dessus de la mémoire, du jugement, de la conscience et de la volonté, une sorte de terme général, et plus compréhensif, comme une qualité commune aux diverses modalités conscientes de la vie mentale. « Les vibrations extrinsèques qui excitent notre organisme, sont reçues par nos divers appareils de sensibilité sous le nom de sensations; celles-ci, par l'effet de leur répercussion subjecti,·e qui constitue leur perception, forment les idées. Le jeu d'action et de réaction, d'association ou de différenciation des idées entre elles constitue le travail intellectuel de l'idéation ou de la Pensée, suivant que ce travail se fait à l'état latent, plus ou moins inconscient, ou à l'état conscient, réf1échi, voulu, raisonné, absolument comme nous avons vu, pour la Conscience. le même travail d'action et de réaction des excitations se faire organiquement, à l'état latent, plus ou moins inconscient, ou psychiquement à l'état conscient. ,< La pensée n'est donc qu'un degré supérieur de la conscience, puisqu'i:lle est la perception consciente des idées en tant qu'idées : elle implique un degré supérieur de différenciation puisqu'elle est une perception de perception (idées).» Mais la pensée ne pourra distinguer entre les différentes idées conscientes, elle ne pourra les connaître qu'autant que chacune se différenciera des autres; la pensée est donc la différenciation entre nos idées et nos états de conscience, mais une différenciation d'un ordre plus subtil et plus élevé que celle qui règne sur nos sensations et leur permet de s'individualiser en apparaissant dans la conscience. C'est surtout à ce sujet que la métaphysique s'est donnée libre carrière et a parlé le plus volontiers d' dme, de substance i111matérielle, d'essmtialité. Il est certain qu'entre la puissance de conception de quelques hommes exceptionnellement doués, tels que Pascal, Newton, Aristote et la faible intelligence de l'abeille ou de la fourmi il existe une énorme différence, On comprend qu'en. étudiant spécialement ces exemples merveilleux d'un développement intellectuel extraordi36
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