La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE chaque cellule" se ré11ète dans une sorte de miroir commun. Dès qu'une différence quelconque est possible dans la vie sentante, cette différenciation s'exprime de suite dans le sensorinm co111111u11,,, d'où solidarité réelle du tout, puisqu'un élément si humble qu'il soit ne peut souffir sans que la souffrance ne se transforme en un état général commun à tout l'organisme. A mesure que nous étudions des ensembles plus complexes, nous assistons à un accroissement du solidarisme réciproque des parties. La conscience n'est point quelque chose d'absolu, existant d'emblée et de toutes pièces. Elle évolue incessamment, se complique, se perfectionne chez les êtres en voie de développement progressif comme l'enfant qui grandit : ses débuts sont forts modestes, mais son point d'arrivée peut être très élevé. Ce sont les difîérenciations successives qui, devenant de plus en plus nombreuses, la rendent de plus en plus riche : nous l'enrichissons par le travail et l'exercice. Elle s'affaibit par 1 'inaction et par l''affait~lissement de nos divers moyens de connaître et de percevoir. Du reste la stricte observation des faits prouve que la conscience n'apparait dans la série animale que comme un phénomène de l'évolution du système nerveux. Nous ne pouvons donc « méco1111aîtreque la ,, co11cie11c1ewît d,: la se11s1bilitéc,o11111l1nevitalité de la matiére organique, " co11111l'1oerga11iq11dee la cbi111iq11ec,o111111lae cbi111iq11de la p!~ysique, ,, co;11111e ln pl~rsiquede la cos111iq11ceo,//Ime ln cosmique de l'indiffere11c1é. » Comme d'autre-part, les actions et les forces réagissent incessamment les unes sur les autres, ont une tendance à se grouper et à se faire équilibre suivant les lois mécaniques du mouvement, constituant ainsi des combinaisons solidaires, d'abord relativement simples, et ensuite de plus en plus compliquées, il en résulte que l'on peut saisir l'enchaînement entre la conscience elle-même dépouillée de son caractère essentiel et merveilleux et les lois premières du monde cosmique. L'unité est donc réalisable entre tous les phénomènes perceptibles : la chaîne n'est 11~111.: part interrompue. Après la conscience, la même analyse est employée à l'étude de l'intelligence et à la critique du concept métaphysique qui fait de l'intelligence une substance particulière indépendante au moins en partie des conditions organiques et matérielles, On la définit : « La faculté de " choisir entre nos états de conscience ou entre les rapports des choses " soit pour les retenir dans notre entendement, soit pour les adapter " e:1 vue d'une f111 déterminée » ou plus brièvement la faculté d'adapter les moyens en vue d'une fin. Le point central du débat entre les métaphysiciens spiritualistes et les partisans de la philosophie expérimentale est la question de l'intelligence des animaux. S'il ~xiste une âme, rnl1sta11cei11tellige11te, attribut spécial de l'homme refusé aux autres êtres, les animaux peuvent posséder les formes les plus diverses et même

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