LA VIE ET LA PENSÉE 555 Les phénomènes quel' on groupe sous ce nom se rattachent au reste par un lien naturel. La mentalité se rapproche de l'instinct à beaucoup d'égards puisque l'on doit comprendre sous le nom de mentalité c< l'ensemble « des manifestations psychiques qui nous semblent se produire plus « ou moins automatiquement à la façon de l'instinct; c'est l'aptitude cc intellectuelle transmise héréditairement, se développant comme l'ins- « tinct d'une façon d'autant plus analogue dans la même famille, dans « l'espèce et dans la race que les conditions d'évolution intellectuelle « sont plus sensibles pour les générations successives. » Mais il y aurait une différence au moins apparente, c'est la perfectibilité de l'intellect humain opposée à la prétendue fixité et immuabilité de l'instinct. Le Dr Pioger répoiid justement que l'instinct lui-même se montre plastique, d'autant plus facilement modifiable qu'on le considère chez des animaux plus élevés dans la série organique. Il n'existe donc ici comme dans tout le reste de la nature que des différences de degré et non de nature. En recherchant les termes intermédia!res, on trouve une succession ininterrompue de phénomènes qui permettent de passer sans saut brusque de !'instinctif au mental, Les preuves de cette affirmation se trouvent dans l'étude psychologique des sauvages les plus arriérés, dont l'état intellectuel n'est guère plus élevé que celui des animaux intelligents. Ces développements pleins d'intérêt doivent être suivis dans le texte même de l'auteur. Nous entrons maintenant dans l'important chapitre consacré à l'analyse scientifique de la conscience. « La conscience est la faculté pour « l'homme, de percevoir ce qui se passe en lui-mème, comme la sensi- " bilité physique est la propriété des organismes vivants d'être impres- « sionnés par les excitants. Nous avons déjà indiqué que la conscience ,< est la manifestation de la sensibilité par laquelle le sujet, c'est-à-dire « l'organisme prend connaissa_nce de ses propres états, que ceux-ci « proviennent d'une excitation ultérieure, ou résultent des actions « et réalisations internes qui constituent la vie psychique. De là en _ « réalité, deux consciences, l'une physique ou physiologique, l'autre « psychique intellectuelle et morale ; mais ces deux consciences ne saü- « raient ètre considérées comme essentiellement distinctes. » -- La conscience se relie à la sensibilité, la sensibilité à la vibration moléculaire interne perçue par le sujet sentant quand elle atteint un certain 1egré d'intensité : Il en résulte que la conscience morale et psychologique n'est qu'un cas particulier de la vibration, ou si l'on veut une sorte d'efflorescence supérieure et compliquée de cette même vibration. L'intégrité du système nerveux est absolument nécessaire à cette importante fonction : on ne peut cor,cevoir aucune espèce de conscience sans système nerveux. Cette aptitude de l'organisme à se sentir soi-mème dans ses divers états est la plus haute manifestation que nous ayons observée jusqu'ici de la solidarité fonctionnelle et organique. L'état de
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