552 LA REVUE SOCIALISTE colloïJe) est absorbée pa:- les organismes vivants, élémentaires, que Hœckel a découverts au fond de la mer en Yertu d'une sorte d'affinité chimique. Traube a pu faire artificiellement des cellules dont la membri ne s'accroit par iitfussucptio11, ce qui est une véritable prolifératio11, une veritable gé11ératio11. De plus, la nutrition peut s'arrêter dans un ètre Yivant sous l'influence d'une modification du milieu physique et recommencer dès que le milieu. aura repris sa composition normale. Exemple : les rotifères desséchés qui revivent dans un milieu humide, les crapauds congelés que Gaymard (1828-1829) revivifia en dix minutes en les plongeant dans l'eau tiède, les poissons congelés que dans l'Amérique et la Russie septentrionales on transporte à de grandes distances et à qui on rend ensuite la vie en les plongeant dans l'eau à la température ordinaire. La croissance et le développement semblent aussi des attributs absolument propres à la vie. Et cependant, on aboutit, en dernière analyse, à une addition de molécules intrinsèques à l'organisme, qui se fusionnent aYec lui, se fixent en lui : ce fait est très semblable à ce qui se produit dans la cristallisation. Il y a une tendance des unités semblables à s'agréger. à s'équilibrer, à se solidariser entre elles. La solidarité croissante marche du même pas que la complexité croissante. Plus un c11sm1blest co111plcxcp,lus il doit être solidaire. C'est là la forme spéciale sous laquelle se manifeste dans le monde biologique ou sociologique. la loi déjà énoncée et déjà connue du solidarisme uniYersel. Le fait de la génération n'apparait également comme merveilleux que si on considere seulement chen les animaux supérieurs. Aux termes infimes de la série vivante. on saisit nettement que la génération n'est qu'un cas particulier de la nutrition et de !"accroissement de la matière organisée. La multiplication des éléments anatomiques, c'est-à-dire la prolifération cellulaire continuelle chez les êtres vivants, forme le fond même du phénomene de la génération. En traitant de la sensibilité, nous entrons sur un terrain intermédiaire entre la Biologie et la Psychologie. La sensibilité est, en effet, une propriété des êtres vivants, mais aussi le commencement et la condition nécessaires de toute vie psychologique. La sensibilité ne doit pas être considérée davantage comme une entité abstraite, mais comme<, la ,< propriété commune des êtres viv,mts d'avoir une réaction spéciale, « dite sensible, en présence des excitations'> ... « Ce qui caractérise cette ,< réaction sensible, c'est qu'elle nous parait active, spontanée jusque « dans ses manifestations les plus rudimentaires; c'est qu'elle est perçue, « consciente dans ses modes supérieurs ». Cette réaction sensible n'est qu'une résultante des actions et réactions moléculaires de la matière vivante. Ainsi conçue, la sensibilité embrasse toute la vie, puisqu'elle comprend aussi bien la plus simple vibration moléculaire du proto plasmc ou de la cellule sarcodique, que les vibrations les plus élevées
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