LA REVUE SOCIALISTE ment telle pièce ou tel rouage nécessaire dans la conception d'un vaste mécanisme du monde, mais la vie morale et affective de l'humanité. Après lui nous devons admettre comme démontré ou au moins commtrès plausible que tout ce qu'il y a dans les sentiments et dans les pensées humaines de bon. juste, élevé, est en même temps une pensée et un sentiment socialiste. Le socialisme devient ainsi pour lui le pôle de !"humanité. Honnêteté pratique, idéal moral à atteindre, instincts généreux. sentiment du juste, toutes ces nobles tendances de l'être humain trouvent leur plus haute synthèse dans le socialisme. qui les réunit toutes et se confond avec elles. Toute morale élevée, ou altruiste est socialiste. Tout socialisme est essentiellement une conception morale. C'est la morale même. li y a fusion complète entre ces deux choses qui sont identiques, nor. ditférenciables. malgré la diversité des dénominations. Dans l'ant,que formule de M. Cousin, le 1:rai. le bc,w et le b:".·11, Malon aurait surtout choisi les deux derniers termes pour exprimer le fond même de sa pensée. Son socialisme était à la fois ic h~3u et le bi~n. mais surtout le bien. - En passant ainsi à travers une organisation essentiellement mor:d'- et d'une aussi délicate sensibilité, le socialisme contemporain {étJit enrichi de toute une force nouvelle, de même qu'en traversant !"esprit éminemment austère et exact des Marx et des Engels, les lois cruelks de la réalité économique avaient pris aux sciences mat!.ématiques quelque chose de leur dure précision. Mais le 1·r,1i presqu~ tyrannique de ces puissants logiciens, s'était adouci dans Lime tendre de l\lalon en devenant en mème temps le bca11 et le bil'11. En dehors de ce point de vue, la philosophie ~énéralc des choses manquait chez Malon de précision. Il semble adn~ettrc une sorte de 1nnthdsme à la fois poétique. matérialiste et un peu Bouddhique par la sympathie universelle rayonnant sur tout. C-2tte belle doctrine ne peut plus ètre reçue clans un système général du monde fondé sur une conception expérimentale ou scientifique et sur l'exclusion de toute métaphysique. c·est-à-dire de toute spé.:ulation sur l"ètre en soi, sur h nature des choses considéré, non dans son rapport ayec nous, mais en clle-m.:me. li fallait donc pour que la cause de la rénovation sociale présLntàt L!n corps de doctrin~s complet et harmonique, que quelqu'un Yint formulet b loi supr~me qui domine le flot mobile des phénomènes. lot ~upr~mc: qui cml~rassera toutes les manifestations accessibles ù nos sens et :i 1V)S mo_vens d~ connaissance, depuis les mouvements des astres jU'-,1u':1Uxplus minimes détails de la vie économique et sociale. Il fallait ·u!1...t.hc,)ric g~néralc. expression actuellement adéquate de la science, mais tcujours modifiabl~ et perfectible comme la science elle-mèmc. Il fallait s:i.tisfairc à la fois l'esprit scientifique dans sa rigueur, l'XclL!r-- toute métaphysiqu~ comme vaine p3r son objet et impui:,::::nte
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