BENOIT MALON ET LE MARXISME 541 BENOIMT ALOENTLEMARXISME Dans un article qu'il co~sacre à Benoît Malon, le citoyen George Diamandy prête à notre regretté directeur et ami des théories qui n'ont jamais été celles de l'auteur du Socialisme intégral. Sans m'arrêter à ceci : que la critique d'une critique peut paraitre puérile, je me permettrai de signaler aux lecteurs de la Revue Socialiste les erreurs où est tombé le directeur de l' Ere Nouvelle, non pour la vaine satisfaction de prouver à mon ami Diamandy que je connais Malon mieux que lui, mais dans l'intérêt de la vérité, tout simplement. Vous dites, mon cher Diamandy : « Lorsque Malon a essayé d'inspirer, non au socialisme, mais à la bourgeoisie, une profonde pitié pour les pauvres et les humbles, il a bien fait; mais cette tentative, qui a-t-elle rendu meilleur, c'est-à-dire socialiste.?>> Voilà qui me semble contradictoire, et inexact. Contradictoire, car si l'effort de Malon a été inutile, il n'a ni bien ni mal fait. On ne dit pas de quelqu'un : cc Il passa sa vie à tourner une roue dans le vide, et fi bien )>. Inexact, car je sais quantité de socialistes d'instinct ou incomplets que Malon fit conscients, et quantité de bourgeois intelligents qu'il amena au socialisme. Des noms se pressent sous ma plume. Dans la première catégorie, je n'en nommerai qu·un : moi-même. . Plus loin, Diamandy semble se féliciter que les œuvres de Malon n'aient point pénétré dans les milieux ouvriers, << car en élevant la pitié à la hauteur d'une solution sociale (!) elles auraient affaibli le sentiment de combativité nécessaire à toute conquête politique. » Pour que la seconde proposition fût applicable (en dehors de ce qu'elle vaut), il faud_rait que la première fût exacte. Ai-je besoin de dire aux lecteurs de la seconde partie du Socialis111eintégral que ce n'est pas la pitié qui sert de solution aux questions économiques, politiques et sociales de ce temps si minutieusement analysées par Malon. Oui, Malon, et c'est un de ses plus beaux titres, a humanisé l'économie sociale; il a réintroduit dans ies études sociologiques la notion indispensable de justice, désormais inséparable de la notion de nécessité ; i
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