LA REVUE SOCIALISTE comparant:;. On poursuivrait ensuite la réduction des cadres en donnant à toutes les unités l'efTectif de guerre: ies officiers privés de leur emploi par suite de cette réduction seraient Ycrsés dans la réserve en rece- \·ant une pension de retraite proportionnelle à la durée de leurs services. Pour les officiers comme pour la troupe il conviendrait de rendre aux tribunaux ciYils la connaissance des crimes et délits commis pendant le séjour sous les drapeaux, de resteindre le devoir d'obéissance passi\·e à l'exécution des règlements militaires, et de rendre chacun personnellement responsable des abus de pouvoir commis même en \·ertu des ordres d'un supérieur (1). Pour la troupe plus particulièrement la première mesure à prendre est une réforme des pénalités, en atténuant progressivement leur carac- - tère afflictif et bannissant à bref délai tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine, pour faire davantage appel aux sentiments et au cœur des soldats. On récl2.merait aussi la publicité des conseils de discipline et la participation au jugement des égaux de l'inculpé. On poursui\-rait enfin la réduction de la durée du service actif à dix-huit mois puis à un an. Dix-huit mois pourraient, comme nous l'aYons \'LI, suffire dans les conditions présentes': l'économie qui résulterait de cette première diminution serait employée à attém:cr les perturbations que risque d'amener dans le marché du travail le surcroit d~ concurrents a1)pelés à devenir producteurs de parasites qu'ils étaient: elle sen·irait i1 préparer le matériel nécessaire à l'instruction cantonale, à la construction de stands, de magasins d'armes et d'effets, hangars aux exeïcices, à l'établissement de champs de manœuvre, de·façon à pou,·oir aboutir au bout de cinq ou six ans à l'unique année de service. Des ce moment, l'économie tout entière serait appliquée à alimenter les caisses de retraites ouvrières et les institutions de prévoyance destinées à prévenir où à en neutraliser les effets. Si modeste que soit un tel programme. sa réalisation à brève échéance serait bien aléatoire encore si le parti socialiste devait l'entreprendre aYcc ses seules forces. Pour déterminer à quels concours il peut s'attendre dans l'accomplissement de cette œuvre, il suffit de rappeler les dangers que fait courir à une société libérale la constitution actuelle de l'armée. Laveleye a longuement insisté sur l'incompatibilité entre ks armées modernes et les institutions démocratiques. ,< Même dans les pays d"Occident où les institutions constitutionnelles semblent avoir pris définitivement racine, elles n'existent que par la tolérance de l'armée. Il est contre la nature des chosse qu'un grand corps !1iéarchisé d'un million d'hommes, dont la base doit être l'esprit d"autorité, soit soumis ( r) Reforme réclamée par Lavelcye. - Le gou;:erncmwt da1;s la dimocrat.',, 1, r ;6.
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