CHOSES MlLIT AlR,ES 537 Ils devront pourtant convenir en premier lieu que nos charges budgétaires seraient déjà notablement réduites, et aussi que la direction de l'armée ne serait plus remise uniquement aux mains des pires ennemis des améliorations sociales. Le séjour sous les drapeaux serait d'ailleurs trop restreint pour que les hommes aient le temps d'échapper à l'influence des idées qui ont cours dans la société où ils ont vécu jusqu'alors. Q!.1'ils réflchissent enfin aux difficultés que rencontrerait maintenant l'exécution immédiate d'une pareille réforme, si restreinte soit-elle, et ils seront moins disposés à méconnaitre l'étendue du progrès réalisé. Ces difficultés sont telles, en effet, qu'il nous faut compléter cette étude en indiquant la nature et l'ordre d'urgence des réformes partielles à faire aboutir, et les alliés avec lesquels nous pourrons nous trouver d'accord pour les poursuivre. Le premier souci du parti socialiste, lors de la discussion des questions militaires, doit ètre de faire obstacle à tout accroissement des cadres actifs; une armée de soldats citoyens ne sera jamais mieux commandée que par des officiers participant à la vie nationale, demeurant en contact permanent avec le peuple, connaissant toutes ses aspirations, animés des mèmes sentiments. Et qu'on n'objecte pas l'insuffisance trop manifeste des officiers de réserve en fonction; nul n'ignore que ces grades leur sont attribués surtout en raison du rang qu'ils tiennent dans la société et que le plus souvent leurs qualités militaires n'ont guère influé parmi les raisons qui ont amené le choix à se porter sur l:!urs personr.es. li e~t urgent d'abandonner les errements suivi~ jusqu'ici pour le recrutement des cadres de réserve et d'accorder aux vertus civiques une importance égale à celle que peuvent avoir l'instruction ou la fortune. Les municipalités pourraient intervenir avec profit en dressant avant l'incorporation la liste des jeunes gens qui paraissent remplir les conditions requises. L'émulation qui animerait les candidats ainsi dési- .gnés serait assurément profitable au développement de leur instruction militaire et la sélection qui s'opérerait parmi eux au départ de la classe permettrait de nous doter de cadres de réserve d'une valeur supérieure à ceux que nous possédons. Il faudrait en second lieu s'attacher à faire disparaitre des réglements tout ce qui con tri bue à fairè du corps d'officiers une caste; leur restituer les droits dont jouissent les autres citoyens quant au mariage, leur imposer les devoirs qui incombent à tous pour la tutelle, leur accorder la liberté d'exprimer leurs opinions sans autorisation ministérielle, réduire la fréquence des déplacements qu'on leur occasionne et les maintenir au contraire le plus possible dans leur région d'origine, obtenir enfin la publicité des débats et des jugements des conseils d'enquêt; et ~omposer en majorité ceux-ci avec•les égaux èn grade des
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==