La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE ouvrag~s. L!l garde des colonies serait assurée par le contingent fourni par leurs habitants; en c1s d'insuffisance, on ferait appel à des volontaires (2). Q.iant à la mobilisation, elle serait immédiate pour des troupes po.;sédant en tout temps l'effèctif de guerre et formant à la frontière un rideau défensif protégeant la concentration des armées. La réserve armé:! et équipée au onton dont la municipalité aurait en dépot le matériel né.:essaire, S:!rait riunie sous la ·conduit;! de s~s officiers résidant dans la même région et p:)Urrait être concentrée sur le point désigné dans un délai aussi restreint que maintenant. On éviterait même le désordre qui pourra résulter du déplacement simultané sur les routes et voies ferrées, d'un grand nombre d'hommes isolés ou en groupes dépourvus de toute organisation. Nous n~avons pas eu l'intention. en ces quelques pages, de développer en tous détails un plan complet de réorganisation militaire, encore moins de tracer un programme idéal; le notre tiendrait d'ailleur.s en moins de phrases. Nous nous proposions seulement de déterminer et de justifier les réalisations à poursuivre pendant une période de transition. Tel qu'il est, notre projet soulèvera pourtant des récriminations de deux· cotés différents. Les uns le trouveront trop hardi et nous reprocheront de créer simplement une garde nationale. Le nom n'a rien qui nous déplaise: suspecte dès sa création, ridicule sous la monarchie constitutionnelle, la garde nationale a eu du moins une fin glorieuse en 18j 1. Mttis malheureusement ce n'est point encore de son rétablissement qu'il est question ici, et notre conception en diffère en bien des points. La plus importante des différences consiste dans le mode de nomination aux grades conférés à la suite de l'élection par les subordonnés dans la garde nationale et du choix par les supérieurs de l'armée active dans notre projet, choix ratifié d'ailleurs par le pouvoir national en ce qui concerne l'état-major et les services administratifs, et par les autorités régionales pour les officiers de réserve. Il convient aussi de remarquer que le pouvoir ainsi abandonné aux officiers du cadre permanent serait d'autant moins dangereux qu'il ne s'exercerait en fait que sur les sujets désignés par les municipalités à la suite de l'instruction cantonale. Les autres nous reprocheront au contraire de ne pas nous être assez dégagé des préjugés acquis pendant notre séjour dans l'armée et de n'avoir pas fait un pas assez décisif pour échapper au militarisme actuel. (2) On peut mettre en relief l'esprit rctrograde de certains généraux de la troisième République en citant cette proposition du général Pierron : « Incorporer dans les troupes coloniales, outre les engagés volontaires, les enfants trouvés éleves aux frais de l'Etat. » La défense des jro11tieres de la France, 1, 355.

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