La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

Cl-!CS::S MILITAIRES dans sa dignit~ d'homme; la salle de police, la cellule, le peloton de panit~o:1 seraient rigourèusemcnt bannis. A l'égard de l'officier, la privation du grade serait la seu'.e mesu:-e à pre;idrc au cas ou la mollesse ou l'insuffis:mce le rendraient impropre à ses fonctions. Et à ce propos, nous ne saurions trop nous élever contre ce qu'a d'avilliss1nt pour ceux qui ont sou.:i de leur honneur, aussi bien que d'inefficace pour les autres, le r~gimecoèr.::itif en usage, emprunté sans mojifi.:1tion à des rézlements suran'.1~s. c::>nYen1bles tout au plu:; au kmps où la vie du s::>ld1ts2 p1ssait to·Jt enti.!re dans le:s camps. Les offi.:iers d~vraient être les premiers à r.:!non::er au privilè;sc de la propriété du grade, si cette faveur a p::>:.irc.:rntrè-p1r~ie un système discipli.1:iire aussi incompatible avec leur dignit~. L'arplication des deux seules peines conservées, maintien au corps pour les soldats, privation du grade pour les officiers serait confié à un jury choisi parmi leurs égaux de l'armée active ou de la r~serve, sur la proposition des supérieurs hiérarchiques qui auraient voix consultative. La presque totalité des citoyens valides étant dès à présent appelée sous ks drapeaux, la première conséquence d'une diminution de la durée du sen·ke actif serait une réduction d'au moins un tiers des effcctifa du temps de paix. Le rôle de l'arn~ée à l'intérieur du pays étant supprimé, ces troupes seraient réparties à proximité de la zone fro:1tière qu'elles mettraient à l'abri des sd'rprises. D'autre p1rt, la seule raison d'ètre du p1ssage à la caserne étant l'acquisition de l'aptitude à coopérer en groupes de force numériquement égale à ceux qui op~rcnt en o:~1;-ngn:!, les nouvelles unités devraient avoir un elfectif de guerre, c'est-à-dire sensiblement double d;i l'eff..!ctif actue.\. De cc fait, le nombre des unités serait encoreréduit de moitié et le tot:11des officiers y accomplissant un service actif (état-majo1 ou officiers de réserve) pourrait être diminué au moins de moitié, car il n'est pas tout à fait proportionnel au nombre des unités. On peut ainsi Sè rendre comptè de l'allègement appréciable qu'une semblable organisation apporterait à nos finances. Il importe de donner la solution de deux questio:1s accessoires. Le peu de durée du service ne permettrait pas de confier, sans nuire à leur instruction, la garde des forts dét:lchés à des troupes actives, sauf cellès que la nature de leur service aprelle précisément à les défendre en temps de guerre; il conviendrait donc de les faire occuper p:i.r des hommes dè la réserve accomplissant une période d'instruction ( 1) et choisis autant que p()ssible dans les localités voisines de ces (1) On semble, en Suisse, s'être :irrèté à un système ;malogue po:1r l'occupation pendant l'hiver des forts nouvellement construits.

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