La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE sen·ation des .armes et bouches à feu, des poudres et munitio,1s. De même et pour les mêmes raisons que pour l'état-major, le recrutement de ces services s'opérerait parmi les jeunes gens accomplissant outre l,~ur service normal une ou deux années supplémentaires comme comptal~les cbns les troup~s pour la premiàe catégorie et comme él~\·es dans des é-::oles d'application pour les deux autres. C:eux qui a\·ant kur incorporation aurai.2nt suivi les cours d'écoles spéciales tro~iYeraient ainsi l'utilisation des conn:lÎssanc.2s acquises et fourniraient aux sen·ic~., a'.iministratifs u;-i personnel qui ne s_rait nullement i:1f..:- rie11r il celui qui y îigure en ce moment. li serait d'ailleurs indispensable que tout lien ne soit p::is rompu entre les fonctionnaires de l'administration et le reste dè l'armé2 aussi ceux de la première section serai-:!nt-ils appelés tour à tour à remplir au régiment les fonctions de trésorier et de c1pitaine d'habillement. ceux des deux dernières les fonctions d'officier de casernement chargé des reparaticms locatives. d'officier de tir ou d'armement et mème de commandement d'unité au même titr-2 que les officiers de résen·e. lndépendants de l'administration p:::nda:1t la durée de ce scn·ice temporaire, ils r~e relèveraient que des colon~ls ou commandants chefs d'écoles. Cest à dessein que nous avons laissé d~ côté le servic-2 de s:i.nt~: il nous p::irait inutile en effet de le militariser e:1 temps dè pai'-. Les soins élémentaires seraient donnés à la caserne, à la rigueur. par d,~s médecins y accomplissant un service temporaire. et préservés ainsi dès erreurs trop fréquentes imputables à l'endurcissement profossionn~l. Le soldat atteint de maladie grave ou nécessitant un long traitement serait transporté soit à son domicile. soit dans un h6pital civil. rien ne justifiant encore l'usage de soumettre aux réglements et ~ la discipline militaire celui que son état de santé rend mornent:i.nérnent impropre au service. La mobilisation du personnel médical. sa répartitiçm. son emploi à la guerre seraient du ressort de l'état-major, éclairé au besoin par un conseil compétent comme il l'est actuellement en ce qui concerne l'utilisation des voies ferrées: son administration et celle de ses magasins incomberait à la première section des services administratifs. Quelle s:rnction aurait la discipline dans une armée ainsi composée? Sur quel systerne de punitions s'appuierait-elle? Pour la troupe, aucune autre peine ne nous parait justifiable que le maintien au corps dans les cas peu fréquents ou, par suite de mauvaise volonté. le jeune sold::it ne témoignerait pas au moment du départ de la classe du degré d'instruction requis. Tout au plus, jusqu'au moment ou la puissance du sentiment de solidarité suffirait seule à entraîner l'accomplissement des de,;oirs militaires, pourrait-on maintenir la consigne au quartier, seule punition qui n'atteigne l'individu ni dans sa santé, n

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