CHOS2S MILITAIRES ré..:agaix; Guerre moderne; 2° partie, 74. L'éducation militaire est envis:igée comme un dressage et des discussions s'engagent pour déterminer s'il faut cinq années ou si cinquante heures suffisent pour le parfaire. L:i simultanéité d'exécution, l'obéissance instantanée au commandement, bonnes tout au plus à rendre man ifeste le lien de solidarité qui doit unir les soldats entre eux et à leurs chefs sont poursuivies comme constituant des buts en elles-mêmes. L'audace et l'élan sont indispensables aux troupes, c'est la crainte et la passivité que l'on s'efforce d'inculquer. On accusera peut-être notre critique d'être outrée; pourtant bien autr~ment sé·,1ère serait le réquisitoire que 1:011 pourrait tirer des a\·eux échappés à la plume des écrivains militaires, mais tandis que la plupart d'entre eux cherche.nt le remède dans un retour aux institutions du passé, c'est uniquement dans le développement normal de no.; tendances démocratiques que nous trouverons l'amélioration de nos mœurs militaires. Toute armée doit comprendre : un état-major chargé de préparer les op~rations de guerre et de les diriger. des troupes destinées à les exécuter et des services administratifs assurant en tout temps l'approvisionnement en vivres, munitions et matériel. Nous étudierons successivement ces éléments constitutifs de l'armée en nous contentant d'indiquer sommairement les principes qui nous semblent devoir présider à kur organisation. sans avoir la prétention de présenter des solutions invariables, mais seulement d'appeler l'attention sur les points à discuter. C'est par les troupes et leurs cadres que nous commencerons. Les qualités desquelles dépend la valeur des troupes sont : leur patriotisme, leur vigueur corporelle, leur aptitude à coopérer dans la poursuite du but qu'elles doivent atteindre. Le séjour à la caserne est impuissant à leur acquérir les ~eux premières, L'éducation nationale, les enseignements qu'il puisent dans le milieu où ils sont élevés, l'aide qu'ils reçoivent de leurs concitoyens, la part légitime de bonheur que leur assurent les institutions de leur pays peuvent seuls développer chez les hommes l'amour de la patrie. Compter le leur inspirer pendant le séjour sous les drapeaux, si prolongé soit-il. est une dangereuse erreur : to"Jt au plus une existence consacrée tout e:1tière au métier des arme5 peut-elle les pénétrer de l'esprit de corps; mais, outre que l'expérience a condamné les armées composée de soldats de profession, un tel sentiment sera impropre à leur donner l'énergie nécessaire pour résister au choc de masses chez qui des pensée.; plus élevées éveilleront des passions plus ardentes. Pour accroitre la vigueur corporelle et la souplesse il ne faut pas da\'antage attendre l'époque de l'incorporation sous les drapeaux. C'est'entre la seizième et la vingtième année, alorsquele corps n'a pas
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==