La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE dans la Rerne Socialiste de juin 1891: "La plus haute expression de la morale sociale, de la religion du socialiste est le sacrifice de tout, même de la Yie, pour la cause commune~~. et qu·on décide quelle société individualiste ou collectiviste est capable d'inspirer les dévouements les plus absolus, les sentiments les plus patriotiques dans la saine exception du terme. laquelle opposera à ses ennemis du dehors la résistance la plus opiniâtre. • *. En vertu du principe sur lequel elle repose, une oligarchie bourgeoise, dans le temps même où sa domination est le mieux ét:iblie est donc incapable de doter un peuple de solides institutions militaires. Quand son pouYoir commencera à être battu en br~che, cette impuissance se nnnifcstera d'une façon plus dangereuse encore. Il ne lui suffira plus, pour sa sauvegarde. de conserver à une milice nationale les cadres qui ..::om·enaient aux armées monarchiques, alors que la pratique de l'ordre dispersé, l'étendue des champs de bataille, rendent notoirement inefficace l'impulsion d'un seul, alors qu'à tous les degrés de la hiàarchie, l'esprit d'initiative est la condition obligée du succès, craignant de les trouver rebelles un jour à l'exécution de ses vengeances, elle conserYera scrupuleusement dans les règlements tout ce qui fait obstacle à lïnitiative des officiers ou des soldats. C'est en vain que nombre de publicistes militaires signalent le danger quïl y a, à ce 4u'un officier soit accoutumé à n'être qu'un instrument dans la main de ses chefs, lorsque si fréquente sera l'obligation d"agir isolément, livré à ses propres inspirations; les règlements. aussi bien par leurs prescriptions formelles que par la multiplicité des détails qu ïls r~gissent, étouffent en lui toute originalité, toute indép~ndance. Et pour mieux faire tolérer à l'officier ce joug de l'obéissance passiYc. c2lle-ci devient à l'occasion sa sauvegarde; une fausse manœune ne serél pas imputée à son auteur s'il est couvert par un ordre: se counir au lieu d ·agir deviendra en conséquence la préoccupation dominante et bien peu oseront prendre une initiative qui, même heureuse, risque d'attirer un blàme à celui qui l'a conçue, s'il a agi de son propre mouvement ou contrairement aux instructions reçues. Chez le soldat. c'est surtout l'automatisme que l'on s'attache à développer: des exercices aussi fastidieux qu'inutiles prennent le pas sur tout ce qui serait susceptible d'accroitre l'énergie individuelle. ,< L'attitude. l'aspect sous les armes est ce qui flatte le plus, ce qui produit la première impression, ce qui fait porter sur une troupe le premier jugement. Aussi que de fois n'accorde-t-on pas la préférence à cette partie du service aux dépens du reste; elle est. il est vrai, un indice de discipline, mais elle n'est qu'un indice insignifiant à côté de ceux que fournissent les marches et les manœunes de campagne. » Général Der-

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