CHOSES MILITAIRES tôt, partie de mercenaires, partie de soldats amenés par ruse ou contrainte à consacrer leur vie entière à la profession des armes, insupportables au peuple dont elles sont le fléau et auquel tous les échelons de leur hiérarchie sont interdits, elles portent dans leur sein ces deux germes d'impuissance, l'hétérogénéité des troupes et des cadres. l'antipathie de la nation qu'elles servent. Qµand, trois siècles plus te.rd, les rois coalisés contre la France les appelleront à ex,écuter leur œuvre de répression, les jeunes recrues révolutionnaires, inexpérimentées, mal vêtues, mal armées, mais partageant l'enthousiasme patriotique que met au cœur du peuple l'amour de la liberté conqJ.Jise, témoignent par leurs victoires de la puissance de l'esprit de solidarité. Depuis lors, deux tendances inverses se manifestent à la fois dans l'organisation et la destination des armées. Le recrutement appelle, il est vrai, de plus en plus l'universalité des citoyens à les constituer, mais leurs cadres continuent à former une caste particulière ; elles se distinguent de moins en moins du type des milices nationales instruites en vue des seules actions extérieures, mais on ne renonce point à les faire intervenir chaque jour dans la solution de nos conf1its extérieurs. L'histoire, en nous enseignant qu'elle cause de faiblesse réside dans ce défaut d'homogénéité et d'harmonie, ne nous fait-elle pas pres- .sentir également la puissance dont disposera le peuple qui, le premier, nivellera les inégalités sociales et fondera sa constitution sur la reconnaissance de la solidarité humaine. Du défaut d'homogénéité que nous venons d'accuser. c'est à un écrivain militaire que nous demanderons l'.weu. « On dit bien qu'aujourd'hui l'armée n'est plus distincte de la société civile, qu'elle ne forme plus comme autrefois une société spéciale au milieu de celle-ci. une sorte d'Etat dans l'Etat. Cette affirmation est parfaitement exacte en ce qui concerne les soldats. ,, L'officier seul est et démeure, en principe, soldat de profession. La constitution militaire moderne ne lui a rien ôté de ce caractère dont elle a dépouillé les autres membres de l'armée-qui la possédaient autrefois. Elle n'a même fait qu'accentuer encore sa situation particulière en ne la laiJant plus à d'autres qu'à lui. ,< i}ujourd'hui le monopole du commandement des troupes et des armées a disparu comme tous ceux qui reposaient sur les hasards de la naissance. La caste des chefs militaires est et doit être ouYerte, en principe, à tous ceux qui justifient des qmdités morales, intellectuelles et physiques nécessaires pour y tenir convenablement leur place. Mais • elle n'en doit pas moins rester une caste ... 11 n'est pas question, d'ailleurs, d'interdire d'une manière absolue l'accès de l'épaulette à tout candidat qui n'aura pas justifié de tel ou tel degré de situation sociale, comme autrefois il falla'it justifier de tel ou tel nombre de quartiers de noblesse. Il n'y a pas de règle sans exception, mais il ne faut pas
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