La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIALISTE lement que les institutions d'une société sont le produit exact de son état économique, mental et moral. Mais nous savons aussi que le régime capitaliste, phase nécessaire d1.:!"évolution économique, en est arrivé en moins de cent ans à son dernier période, qu'à ce point, les nuisances vont l'emporter, l'emportent déjà sur les bienfaits : que, dans les sociétés européo-américaines, il tend de plus en plus à donner la prédominance aux possesseurs de la richesse. dernière incarnation de la force matérielle: qu'il par:i.lyse ou utilise. au bénéfice unique de ses peu dignes privilégiés. tous les efforts intellectuels et moraux: enfin. que la bourgeoisie capitaliste est devenue aussi inutile (partant nuisible) au corps social que l'était de\'enue la noblesse à la fin du xv11i'' siècle. Si les machines les plus perfectionnées doi\'ent. malgré les calculs d,.: leur constructeur, perdre une certain~ quantité de la force qu'elles produisent. il \'a de soi que les machines imparfaites ou détériorées par l'usage en perdront une quantité plus considérable. La société moderne est une machine dont les imperfections relati\'CS ont été constatee.., au moment même de sa mise en marche: ces imperfections en ont lüté l'usure. La transmission de la force. la circulation de l'activité :-.'op~'l'ea\'ec de tels frottements. l'administration publique est si onérl!use. si grand le nombre des intermédiaires économiques utiles, si petit le nombre des profitants. si désordonnée la production. si incertaine la consom1T1ation, si peu adaptes à leurs fonctions les indi\'idus, tellement croissant le nombre des cen·eaux et des bras incmployes qu·une transformation profonde s'impose dans le plus bref delai. C'est pour apporter une preuve scientifique de plus à l'appui de cette nécessité urgente d'une meilleure utilisation des forces. que nous entreprenons aujourd'hui de dresser un état méthodique des déperditions sociales et individue Iles causées par le régime à base capitaliste qui a été néœssairement la transition entre le régime militaire et le regime industriel dont il constitue la premiè;·c phase, mais qui a sufTtsa111111endturé. Pollï être accomplie a\'eC la conscience et l'absolu dLsintcressement doctrinal qu'exigent les tra\·aux sociologiques, il nous faut appeh.:r les milliers de faits nécessaires à lajustification de ce que nous sentons être la \·érité, pour\'us que nous sommes déjà de nombr ...u.ses indic~ltions en faveur de la transfor111ation sociale. Ces faits, les int~ressés et les compitents nous les fourniront eux-mêmes. C'est à eux que nous faisons appd, aux travailleurs de tout ordrç, aux savants et aux ou Hiers, ~~uxprof..:sseurs et aux ing~nieurs, aux hygiénistes et aux fonctionnaires, a,1x agr0!1om~s et aux financiers, aux industriels et aux corn mer~ants. a~1xartistes et aux écrivains, en un mot, à tous ceux qui savent ou qui s~ntcnt.

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