ENQUÈTE SOCIALE ENQUÊTE SOCIALE Depuis bientàt neuf ann.ées que, sous l'impulsion de notre regretté maitre et ami Benoit Malon, la R!:v11eSocialiste signale sans relàche les vies de l'organisation sociale née de l'individualisme à outrance, de nombreux lecteurs ont dù maintes fois s'écrier, devant le spectacle des 1uttes féroces et déprimantes que déchaine le régime de la ,< libre concurrence » : - Combien de forces se sont perdues, qui eussent été utilisées pour le bien de to~1s par une meilleur~ entente de l'intérèt général et des intérèts particuliers! Q!.d gaspillage de richesses matérielles, intel~ lectuelles et morales! Combien dé! belles fleurs sociales ont été étouff~es en boutons par les herbes parasites! Combien d'arbrisseaux qui eussent porté des fruits savoureux ont été privés dï1Ltmus et de soleil au profit de plantes vénéneuses! Qui dressera l'inventaire des dommages causés à l'humanité p:u l'avidité des uns et l'ignorance des autres? DHenseurs naturels du désordre bourgeois, les économistes dressent la colonne des profits réalisés par les capitalistes et, prétendènt-ils, par 13 Jciété tout entière. Annonciateurs de l'ordre socialiste, ne pourrions ,us dresser la colonne dé!s pertes causées par le capitalisme et subies par la société tout entière en général et, en particulier, par les uniques producteurs de la richesse sociale? Actif et passif seraient alors mis en balance, et les intéressés pourraient se prononcer. Qu'on nous entende bien. Nous ne méconnaissons point les temps présent. No:.is savons que les institutions sociales du x1x 8 siècle. dans leur essence et dans leur fonctionnement, accusent un déficit moins grand que celles des siècles précédents. La vie moyenne allongée de quelques années, l'augmentation des facultés de sentir et de jo:.iir, l'adoucissement des mœurs, l'accession du peuple à la vie publiqu::, la diminution du p1rasitisme politique sont des conquêtes modernes. Sans verser d1ns U!1 t:):-pije fat:.llismé!historique, nous savons éga-
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