MOUVEMENT SOCIAL ports entre deux gouvernements. Je n'en veux d'autre preuve que les relations _amicales qui unissent à cette heure même la grande République des Etats-Unis à l'empire de Russie. LA PRÉDICTION DE ENGELS Aussi bien, c'est un socialiste allemand, c'est Engels, qui, dans la lettre prophétique qu'il adressait en septembre 18jo à ses coreligionnaires d'Allemagne, annonçait ce qui se passe sous nos yeux aujourd'hui, quand il écrivait: « Si les vainqueurs allemands prennent l'Alsace-Lorraine, c'est la France unie à la Russie pour combattre l'Allemagne. >> LE CARACTÈRE DE L'ENTENTE FRANCO-RUSSE Q!1idonc, citoyens, parmi les socialistes, oserait assumer l'écrasante responsabilité de refuser un concours, que, demain peut-être, sur un champ de bataille, la France regretterait chèrement? Mais, citoyens, si le parti républicain socialiste n'hésite pas à accepter, dans l'intérêt supérieur de la sécurité nationale, l'alliance que les circonstances ont rendue nécessaire, il est de notre devoir, pour la dignité, pour l'honneur même de ce pays, de restituer à cette entente son véritable caractère. L'annonce de l'arrivée de l'escadre russe a, dans ce pays ou, jadis, dit-on, le ridicule tuait, fait germer mille projets plus extraordinaires et plus comiques les uns que les autres. Et il n'a pas moins fallu que le sang-froid, que la réserve significative du grand public, pour étouffer dans l'œuf, des manifestations c;ui eussent été aussi embarrassantes pour ceux auxquels on les destinait que fàcheuses pour ceux qui les auraient organisées ( Rires :et app!a11disse111~nts), • Non, citoyens, ce n'est pas avec l'exubérant enthousiasme qu·on réserve à des sauveurs, c'est avec la courtoise sympathie qu'on doit à d.es hôtes qui seront peut-ètre un jour des compagnons d'armes que la France recevra demain les représentants de la marine russe. (Bravos). La France, en effet, n'est ni la protégée ni l'obligée de la Russie. (Applaudisse111enptsrolongés). C'est l'intérêt - comme il arrive d'ordinaire - qui a été le mobile déterminant de l'entente franco-russe. Il en .a été la cause. 11doit en demeurer la règle. La France ne saurait à aucun moment, sous aucun prétexte accepter de devenir l'instrument de la politique d'une puissanee étrangère. Entre la France et la Russie, une entente, une alliance, ne peut être qu'un contrat d'assurances mutuelles où les deux associés font d'ailleurs des apports d'une valeur au moins égale. (Vifs appla11dis-s.,- 111.mts). Je ne veux certes pas atténuer la portée de la manifestation de Cronstadt, Elle a été pour l'Europe et pour nous-mêmes la consécration de vingt années de patients et laborieux efforts. Elle a attesté au monde que la France avait enfin repris dans le concert européen la place qui lui appartient. Mais en échange de ce concours moral, que je ne cherche pas à amoindrir, c'est un concours matériel que nous avons fourni. C'est près de quatre milliards d'or français qui, en quelques années, sont tombés dans les cais~es russes. (Nouveaux applaudisseJJ1e11ts.)
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