La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

500 LA REVUE SOCIALISTE L'ARMÉE ET LE BUDGET DE LA GUERRE Mais ce n'est pas la France vaincue, démembrée, qui peut prendre J'i111tiative du désarmement et se livrer, pieds et points liés, aux appétits de ses implacables ennemis. Voici vingt-trois ans qu'elle est debout, sur le qui-vive. la main sur le fusil, ignorante si demain le c::tprice d'un de ses adversaires couronnés n'appellera pas tous ses enfants à la frontière. (App!n11disse111e11fs,) C'est, dans une telle situation, un devoir impérieux pour tous les socialistes d'accepter, quoi qu'ils en aient, en dépit de leurs sentiments intimes, la double charge du service militaire obligatoire pour tous et du lourd budget de la guerre. Certes, en cette matière comme en toutes autres, les élus socialistes gardent le devoir et exerceront leur droit d'initiative et de contrôle. Le parti républicain socialiste posera devant le Parlement laquestion, résolue au-delà de nos frontières, de la réd~1ction à deux ans du \ service militaire. Il exercera ses investigations les plus scrupuleuses sur ce budget de la guerre, sur lequel un rapporteur des finances, aujourd'hui ministre. appelait avec insistance, il y a quelques mois, le contrôle de la Chambre. Mais. il faut le dire, dans l'examen de ces questions, nous n·aurons pas, députés socialistes. une entière liberté d'allures. Nos votes seront influencés surtout par les avis des hommes techniques. Toutes les considérations devront céder le pas à cette considération supérieure l'intérèt de la défense nationale. LA QUESTION DES ALLIANCES Eh bien'. citoyens, nous n·avons pas da\'antage notre complète liberté dans la question des alliances, Ici. comme là, nous subissons les conséquences d'un état de fait qui s'impose à nous. Certes, la France doit avant tout rester maitresse de ses destinées. Elle commettrait la plus lourde des fautes, en subordonnant sa politique et ses intérèts aux intérèts et à la politique d'une puiss~rnce étrangère. (Bra-vos). Mais qui s'étonnerait, dans le monde, si, en face de la t:-iplc! alliance qui, nous l'apprenons chaque jour, cherche à entrainer dans son orbite toutes les puissances secondaires. la Fran-::e essaie d'opposer à ces forces ennemies, une combinaison de forces qui leur fasse équilibre? Sans d0l1te il serait désirable que. dans le choix de ses alliés, le gouvernement de la République ne put se laisser guider que par ses inciinaisona naturelles. Mème, c'est un légitime reproche que nous pou\·ons adresser à nos gouYernants d'avoir trop légèrement traité et inutilement froissé par une politique douanière exagérée les sympathies qui nous étaient Is • plus fermement acquises, comme celles de la Répubiique heh·étique. Mais quoi'. la communauté des institutions n'est pas toujours une raison suffisante pour une action international~ commune e1:la différcn:e des r~~imes n·est pas wujours un obstacle il 12.. coïdialité des rap~

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