La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

502 LA REVUE SOCIALISTE C'est donc sur le pied d'une parfaite égalité que la France et la Russie traitent ensemble. A cette condition, à cette condition seule. les socialistes. comme tous les Français, acceptent, dans l'intérêt de lapatrie. !"entente avec l'empire russe. NOS DEVOIRS ENVERS LES SOCIALISTES ÉTRANGERS Mais, citoyens, en même temps qu'il se plie patriotiquement aux nécessités que lui crée la situation de l'Europe, le parti socialiste n·oublie pas qu'il a un grand devoir de solidarité à remplir. 11n·oublie pas en particulier que là-bas. en Russie, des socialistes luttent chaque jour jusqu'à la prison, jusqu'à l'exil, jusqu·à la mort, pour la mème cause d'humanité et de justice que nous défendons ici. (,App!a11dissc111c1ré1ptsétés.) Si le gouvernement français ne peut pas plus se mêler à la politique et aux affaires intérieures d'un pays étranger, que nous ne permettrions à une puissance étrangère de s'immiscer dans les nôtres, nous ayons. nous républicains socialistes, héritiers et successeurs des traditions de la Révolution française, le droit de tendre une main fraternelle à tous ceux qui, sur quelque point du globe que ce soit, défendent les mèmes idées que nous. Nous le pouvons. Nous le devons. Car nous sen·ons encore ainsi, avec notre propre cause, la patrie française elle-même. Sans doute, toutes les fois qu'un député socialiste entre au Reischtag allemand, ou au Parlement italien, c'est un Allemand ou un Italien qui y pénètre, comme ce seront cinquante Français et bons Français qui entreront au Palais-Bourbon avec les députés socialistes. '(App!m1dissc111c11 ts.) Mais si les députés socialistes de France, d'Italie et d"Allemagne, sont nature!lement pénétrés du souci légitime de leurs intérêts nationaux. tous, du moins, ont une même préoccupation supérieure qui les unit : le maintien de la paix. Car ils savent que la paix est nécessaire pour b propagande et l'avènement de leurs idées. Ils n'ignorent pas qu'une guerre noierait pour longtemps dans les flots de :;:ang. les soldats et les idées socialistes. Et c'est ainsi que chaque élection d'un ùéputé socialiste dans un Parlement européen, garantie nouvelle de sécurité po.ur la paix du monde, sert directement les intér~ts de la France, qui est passionnément attachée à la paix et qui ne demande qu'à poursuivre, dans la tranquillité et dans le calme, l"œune ciYillsatrice et féconde où elle est tout entière absorbée. NOS CALOMNIATEURS Je voudrais, citoyens, espérer que ces explications, très claires, je le crois. très complètes, j'y ai tâché, mettront un terme aux calomnies répandues sur notre compte. Oh! ce n'est pas pour nous que je forme ce vœu. C'est pour notre pays lui-mème. Depuis Yingt ans, toutes les fois qu'il a été question du péril extérieur, toutes les divisions intestines se sont tues. Depuis vingt ans, toutes les fois qu'un ministre des affaires étrangeres est monté à la tribune nationale pour faire ::ippeI aux sentiments patriotiques des députés de France, il a vu se grouper autour de lui l'unanimité des représentants du peuple.

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