MOUVEMENT SOCIAL 499 4° Des finances du Parti (proposition du Congrès régional d'Armentières) ; 5° Renouvellement du conseil national. Les secrétaires : JULES GUESDE, PAUL LAFARGUE. Le discours de Millerand. - Ci-dessous un extrait de cette belle page d'éloquence classique mise au service du socialisme, et que l'on doit pouvoir retrouver plus tard dans nos annales : LA GUERRE DE 1870 ..... Citoyens, il est un point capital qui domine toute notre histoire contemporaine : c'est la guerre de 1870. Certes, les socialistes en sont bien innocents; les socialistes allemands tout autant que les Fi:ançais. Aux protestations qu'élevaient contre cette belleaventure - ,< ma guerre ", disait l'impératrice Eugénie - se joignaient, de l'autre coté de la frontière. les protestations de leurs coréligionnairrs d'Allemagne. LES SOCIALISTES ALLEMANDS Et c'est un hommage qu'il faut rendre à cette admirable démocratie socialiste allemande que, pendant toute la durée de la guerre, elle ne cessa de donner l'exemple du plus intrépide courage civique, elle ne craignait pas, au milieu d'un peuple enivré par les fumées de ses victoires, d'élever en toute occasion sa protestation incessante contre le crime qu'on méditait (bravos). Et. du 21 septembre à la fin de la guerre, l'organe officiel du parti, le Volhstaad. publia, en tète de chacun de ses numéros cette phrase. : ,<Paix honorable avec la République française! Pas d'annexion! » Cette attitude leur valut les félicitations officielles, bien méritées, du consul de la République française à Vienne. Et quelques mois plus tard Bebel et Liebknecht payaient ces félicitc1tions d'une condamnation à deux ans de forteresse ! (Applaitdisse111ents.) Mais, citoyens, si les soçialistes allemands ont pu, s'ils ont dù tenir cette conduite pendant la guerre, si, la guerre terminée, ils ont pu opposer leur,< Ni 11n son, ni 111Lbo111111c ! » aux demandes successi\·es des Bismarck et des Caprivi, c'est qu'ainsi qu'ils le àisaient au début de leur manifeste du 5 septembre 1870, l'indépendance et la sécurité de l'Allemagne étaient d'ores et déjà hors de cause; c'est que les armées allemandes avaieut ét~ victorieuses. LES SOCIALISTES FRANÇAIS L1 France, hélas! est sortie vaincue de cette lamentable guerre et cette situation impose aux socialistes français une attitude toute différente et des devoirs tout autres. Certes, la suppression des armées permanentes n'a pas cessé d'ètre dans les vœux des socialistes français. Ils ne sont pas les seuls à nourrir cette espérance. Ce sont des économistes comme M. Frédéric Passy, des hommes de toute opinion, comme les membres de la« Ligue de la Paix et de la Liberté » qui, comme nous, prévoient et, de leur mieux, préparent l'avenir où l'humanité sera enfin libérée de cette lourde charge.
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