La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

REVUE DES REVUES sent à la pensée l'exemple d'impartialité philosophique que j'ai eu sous les yeux au cours d'une collaboration constante de dix années, et à laquelle je dois le peu que je possède aujourd'hui. Q\_tesi mes efforts ne répondent pas toujours .au but que je m'assigne ici, les lecteurs de la Revue socialiste devront accuser, non les leçons du maitre, mais l'insuffisance du disciple. Allons-nous enfin en finir, avec les dédaigneuses pirouettes depuis si longtemps à la mode chez les savants officiels, traitant le socialisme et nos aspirations comme de folles et coupables utopies, indignes d'une discussion sérieuse? - Telle est la pensée qui nous est venue tout d'abord, en parcourant la première partie d'un article - et un article de tète, s'il vous plait! - consacré par M. de Molinari au Congrès de Zurich. Le rédacteur en chef du Journal des l;conomistes s'est bien rendu compœ, en effet, de l'importance qu'il convient d'accorder à ces grandes assises internationales du travail. « Nous ne sommes plus à l'époque, remarque-t-il, où l'un des fougueux apologistes du coup d'États' écriait: ,< On ne discute pas avec le socialisme; on le supprime, comme la faulx supprime l'ivraie .... » " L'ivraie socialiste a repoussé, dit avec mélancolie M. de Molinari; elle foisonne aujourd'hui dans toute \'étendue du monde civilisé et l'on a pu reconnaitre, particulièrement en Allemagne, où la faulx était maniée par M. de Bismark, un terrible faucheur! l'inefficacité mamfeste de cet instrument aratoire ... Le socialisme est en train de conquérir les masses ouvrières et ses manifestations provoquent les sympathies enthousiastes d'une foule que la politique laisse de plus en plus indifférente. A Zurich, l'ouverture du Congrès a pris les proportions d'un événement ... )> Après un pueil début, (?11 pourrait croire que M. de Molinari daignerait procéder à un examen méthodique des travaux qui ont marqué ce Congrès. Mais on ne dépouille pas le vieil homme du jour au lenden1ain. L'habitude acquise de réfuter d'un mot - qui n'est pas toujours courto.s - les résolutions socialistes les plus mûries est trop profondément entrée dans la manière de penser de nos adversaires, pour qu'ils puissent s'en défaire de sitôt. Ainsi, dans l'article que nous signalons. le compte-rendu des travaux du Congrès est des plus sommai:-es, et la réfutation est plus brève encore. M. de Molinari démontre ainsi l'inapplicabilité du programme socialiste : « Si les so,ja!istes arrivaient quel serait l'effet inévitable des mesures qu'ils pourraient prendre pour faire rendre gorge àï'infàme capital et le subordonneur au travail? Celui de porter une atteinte immédiate à la production et de déchainer une crise qui priverait de leurs moyens d'existence une multitude croissante de travailleurs. On aurait beau confisquer, le~confiscations se- •

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