4 4 LA R.EVUE SOCIALISTE REVUEDESREVUES Avant que d'aborder l'article mensuel dont Benoit Malon avait l"'iLn voulu me charger à cette place, je dois aux lecteurs de la Revu.: socialiste de m'excuser sur lïnterruption de quelques mois que j'ai été contraint d'apporter, à mon grand regret, dans cette besogne périodique, acceptée de grand cœur. Les lecteurs ont deviné, sans doute, le cas de force majeure où je me suis trouvé. Les péripéties d'une campag:1e électorale au cours de laquelle j'avais à lutter à la fois contre la toute-puissance de l'argent et les procédés de polémique infàme d\111 adversaire ne reculant devant aucun moyen, si dégradant et avilissant qu'il fùt, ont pu seuls me forcer à suspendre momentanément la Revue que j'avais pris l'engagement de faire ici tous les mois. Je reprends aujourd'hui ce travail, hélas! avec la perspective douloureuse d'être privé ~ésormais des conseils amicaux, des critiques toujours justes et bienveillantes, des éloges aussi. doublement précieux à !'écrivain et à l'ami, que me valait parfois ma vieille collaboration avec celui qui fùt toujours l'âme de ce recueil. Si le guide éclairé dont les avis étaient si utiles à tous, nous manque à jamais, nous garderons au moins au fond de nous le souvenir des conseils quïl nous donna et l'exemple des qualités de cœur et d'esprit qu'il déployait dans ses travaux de critique. Car si, parfois, il discuta, avec la passion sacrée que donne l'ardent 3mour de la justice, les idées de ses adversaires, jamais sen cœur ne connût la haine ni la rancune à l'égard des personnes. Dans ses discussions, sa pensée loyale évitait les argumentations spécieuses et une haute impartialité lui dictait tout ce qu'il écrivait. Je ne dirai pas : - Ainsi ferai-je - car il n'est pas permis à tous d'espérer atteindre le de- ~ré de sérénité morale et intellectuelle qu'avaient atteint le cœur et l'esprit de Benoit Malon. Du moins m'efforcerai-je d'avoir toujours pré-
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