LA VOYOUCRATIE SOCIALISTE-RÉVOLUTIONNAIRE dans les classes laborieuses. Aussi ce seront les plus intelligents et les plus instruits parmi les salariés qui sont les adeptes des divers partis révolutionnaires. « Le socialisme démocratique, bien qu'il fasse appel « à des institutions et à des tendances communes à tous les hommes, « suppose un grand développement industriel et un développement « non moins grand de la culture i11tellectuellegénérale. » (Législation sociale enltalie, par Francisco Pitti, Revue d'économie politique, Juin 1892). Mais voici le bouquet : Les cléricat.1x eux-mêmes reconnaissent formellement que les socialistes se recrutent dans l'élément intellectuelle de la classe laborieuse. Voici en effet l'aveu que nous trouvons dans la Revue: l'Association catbolique du 15 décembre 1890." Les ,<socialistes ont couvert le territoire de groupes d'études et de syndi- « cats ouvriers. Les membres de ces associations sont assez peu nom- « breux, mais il est incontestable qu'ils se recn1tent dans l'élite i,,tel- " lcct11clle de la classe ouvrière.»- Ce témoignage, emprunté au parti catholique qui se trouve presque partout et principalement en Belgique, en lutte ouverte avec le parti ouvrier n'est pas un des moins significatifs. Pour qu'on rende ainsi hommage à des ennemis, il faut que leurs qualités soient tellement évidentes qu'on ne saurait les nier sans tomber dans l'absurde. Nous arrêtons ici notre démonstration. 11 serait facile de multiplier les témoignages en fouillant dans les œuvres des écrivains socialistes et particulièrement dans le grand et bel ouvrage de Vandervelde : Les associations projession11elles d'mn·ricrs et d'artisc;ns en Belgique (2 vol. grand in-8). Mais Vandervelde est socialiste : à ce titre, son témoignage pourrait paraître suspect non pas à nous et à nos lecteurs, mais aux bourgeois égarés que'n0us voudrions convertir par le simple exposé de la vérité : Ce qui donne, croyons-nous, aux constatations et aux renseign~ments rassemblés ci-dessus une réelle valeur c'est qu'ils émanent d'écrivains sérï'eux, impartiaux mais non socialistes. Aprês les récentes élections législatives, un bon bourgeois radical, patriot~, partisan de la revanche et anti-collectiviste, M. Maujan, ému par l'échec éclatant que lui infligea le candidat socialiste, collectiviste et internationaliste, déclara dar,s une lettre à ses électeurs que ,< le ruisseau triomphait». Nous savons maintenant que ce ne sont pas nos hommes et nos amis qui sortent de là : Laissons au contraire les politiciens bourgois se baigner à leur aise dans le cours fangeux des pots de vin, des chèques, et des revenus extorqués et proclamons bien haut pour qu'on le sache et pour qu'on l'entende, que le noble idéal socialiste, la plus large et la plus haute conception de notre époque, est servie par la pure élite de la classe prolétarienne, élite d'intelligence, d'instruction et de culture d'esprit, élite de moralité, de sobriété, d'honnêteté, élite surtout par le cœur et par la générosité. Dr A. DELON.
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