La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUF. SOCIALISTE "~c11r J'.r adb1;rer se disti11g11mt ava11tagc11seJ11e1d1ets autres. Le pére vn "plus rarc111e11mt t cabaret, ses e11Ja11tso11tJ11ie11nxourris et 111ie11ix·èi11s, la J11èrpelus i11tcllige11tesoigne /Ilien'< son 111é11age. Avm à 11oter ! » Madame Wettstein se complait décidément à troubler la cervelle de nos bons réélctionnaires! Comment, au lieu de déclarer honnêtement que les socialistes sont des êtres dégradés et méprisables, ne s'avise-t-elle pas de proclamer l'inf1uence moralisatrice et éducatrice du socialisn~e? Allons madame, un peu de courage. Pour la bonne cause, calomniez donc un peu. Regardez les journalistes français, vos confrères et amis en consen,ttion beourgeoise. Ils ne se gênent pas eux; ils n'ont pas de ces scrupules naïfs! Retenons que le père socialiste \'a rarement au cabaret, il élève mieux sa famille, c'est un honnête homme. Voilà ce qu'ont constaté les gens les plus hostiles au parti de la Ré\'olution sociale, quand,mus par un désirsincere de connaitre la vérité,ils se sont donnés la peine d'aller vi'.-re incognito dans les milieux ouniers aÏJn de les observer de près. Mais tout ceci se passe en Allemagne! C'est un pays fort éloigné de Paris, que nous connaissons mal, dont les mœurs nous sont peu familières. En tous cas, un bon bourgeois est avant tout patriote et Français. A ce titre, il méprise les Prussiens, leurs lois, leurs institutions, leurs sciences, leur littérature, leurs arts; il ne veut rien savoir de ce qui se passe chez les barbares du Nord. Si \'OUS lui parlez de ces gens-là en termes élogieux, son sang généreux \'a bondir dïndignation, il Ya \'Ous parler de la Rern11che: ce qui ne l'empêchera pas de devenir actionnaire d'une compagnie Allemande ou Italienne. s'il espère, par l'apport de ses capitaux, contribuer à concurrencer a\·antageusernent pour lui les branches similaires dè l'industrie nationale. Parlons donc de la France, parlons de Paris par exemple. Si nous prenons nos marchands de prose anti-socialiste en f1agrant délit de mau\·aise foi ou d'ignorance, il ne leur restera aucune excuse valable. Un économiste, à l'esprit indépendant, observateur original, M. du Maroussem, suivant la méthode des monographies économiques in\'en .. tée par Le Pla_v, s'est donné r,our mission d'étudier a\'ec une exactitude minutieuse e~ une impartialialité absolue un certain nombre d'industris.:s parisiennes. Ces études poursui\·ies a\'eC patience, en vi\·ant tour à tour a\'ec les patrons et avec les ouniers, en ob.~ervant leur intérieur et leur Yie. en écoutant leurs plaintes et en ::.ui\'ant la marchandise dans toute ses transformations jusqu'à son arrivée entre les mains du consommateur. présentent un caractère de précision qui leur donne une \'akur scientifique de premier ordre. Des tra\'aux de ce genre nous semblent la matiere première pour l'~diÏJcation d'une économie politique exacte. Remarquons que cette initiati\'e heureuse ne \·ient point d'un professeur ofllciel, quoique M. de Maroussem ait obtenu l'autori-

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