La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA VOYOUCRATIE SOCIALISTE-RÉVOLUTIONNAIRE sation de faire à la Faculté de droit de Paris un cours libre dans lequel il expose ses travaux. Les grands maitres du collège de France ont préféré la métho'-le abstraite, déductive, géométrique et n'ont jamais daigné s'abaisser jusqu'à rétude des faits réels, qui auraient malheureusement pour eux, confirmé les critiques des collectivistes.~ M. Du Maroussem écrit une monographie sur le charpentier indépendant de Paris. Nous ne pouvons résumer ce long travail. Contentons-nous de faire remarquer la conciusion de cet observateur impartial. Au point de vue moral et intellectuel, le charpentier parisien (au moins la très grande majorité d'entre eux) est profondément irréligieux. socialiste-révolutionnaire et d'une moralité absolue. Le docteur Eugène Schwiedland professeur à Vienne a donné dans len' du mois de mai 1892, p. 19, de la Rcw1ed'Eco11omiepolitiq11e une analyse de la monographie de M. Du Maroussern. Joignant son témoignage à celui de l'auteur Français au sujet de la moralité des ouvriers révolutionnaires, il écrit textuellement les paroles sui\'antes: « On peut « dire que pour ces travailleurs qui combattent pour un ià~al politiqL:e « et social dont le socialisme forme tout le catéchisme. la perte des idées « religieuses n'entraine pas nécessairement ce! ledes sentiments moraux.~> Le pénétrant observateur que nous avons cité plus haut, après les charpentiers, a étudié les ébénistes du faubourg Saint-Antoine dans un ouvrage qui porte le titre sui\'ant : Ln Qj1esti011011,•rière: Ebénistes du faubourg Sai11t-A11toine. Cours libre professé à ln Farnllé de Droit de Paris. 1 volume in-8, 306 p. Paris 1892, Rousseau. éditeur. - Voyons ce que l'auteur a découvert au sujet de c~s derni1.,.rs : ,, Voici « maintenant l'o11vrier-(vpe monographié : il est Marxiste sans ètrc « cepcndar~t de mauvaise compagnie "· Il est une phrase banale, dit M. du Maroussem, que l'on retrou,·e dans les conversations des poliques et aussi de certains patrons : ,, Ounier ré,·olutionnaire, ouvrier <, vicieux et déclassé, c'est seule et même chose. l'crrmr est trop évi- « dente pour 11e pas la co1itredire énergiq11e111e11t. Elle prn,·ient de ce fait ,< que les états-majors des partis révolutionnaires sont méiangés d'élé- « ments bourgeois assez peu recommandables et déclassés par profes- <, sion, 1l!aisle se,011dcontingent, sorti d11peuple, est le pl11ssouvent b::m- « në.'e. probe et convaincu. » ( Re'i)IICd'économie polit,qne, - Compterendu de 1'ouvrage de M. du Maroussem, p. 484, mai 1893). Et plus loin. après avoir décrit le patron du magasin de haut luxe, notre auteur fait le tableau suivant de la famille ounière : « D'autre part une fa- « mille ouvrière dont le chef artiste en son métier, conscient de sa « valeur p:irsonnelle, s'est presque complètement détaché de toute « sympathie pour le maitre auquel le sort l'a associé. rejetant toute « contrainte religieuse, faisa1~t baptiser et communier son premier <i enfant, baptisant le second et laissant le troisième à l'état de natur..:: <, par une sorte de gradaticn interrompue vers l'athtismc absolu, en-

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