La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA VOYOUCRATIE SOCIALISTE-RÉVOLUTIONNAIRE 479 •teté et sa générosité natiYes parceque l'idéal socialiste le soutient, le relève et remplace avantageusement la foi religieuse absente. « Dans les rapports des 0~1vriers entre eux, ce qui frappe à première « vue, c'est la bonne camaraderie, l'accord qui règne dans le travail « de fabrique, l'union à la salle de vote d'un sentiment de solidarité << plus puissant que dans toute autre classe parce qu'on sent mieux << l'identité des intérêts et la nécessité de s' entr' aider. '> Malgré cela. notre auteur nous avertit charitablement que ce ne sont point des saints et qu'à Chemnitz, comme partout, il y a des coteries, de petites jalousies et des brouilles. « La peste de l'alcoolisme, dit-il plus loin, était ,< peu répandue chez les ouvriers de la fabrique, elle est si rare chez « les ouvriers sédentaires. M. Goehre comptait parmi ses camarades « très peu de nez rouges. » Terminons par deux obse,rvations importantes que la qualité mème de théologien rend significatives. Le,< christianisme, dit-il, en tant que « théologie est à jamais détruit chez l'ouvrier. » Il dit ailleurs : « Ainsi « envisagée la démocratie socialiste apparait comme le premirr grand ,< mouvement qui se soit emparé du monde depuis la réforme. » Le bel exemple de courage et de sincérité de M. Goechre a été suivi par une dame de la haute société berlinoise, madame Anna Wettstein-Adelt, qui vient de publier sous le titre de: Trois mois d demi cbe{_ lesouvrièresdefabrique, les observations qu'elle a pu faire sur la vie des ouvrières de la même ville de Chennitz, en Saxe, où elle a travaillé elle-même dans quatre établissements (Revue d' Eco110/llpieolitiq11t, p. 66. - Janvier 1893). La Revue d' Economiepolitique donne l'analyse suivante : ,, Cette bro- « ch ure est pleine de détails de nature à nous faire connaitre la situation ,< dans laquelle se trouvent ces pauvres ounières et à nous inspirer de « la sympathie pour elles. Travaillant de 7 h. du matin à 7 h. du soir « - sauf vingt 111111utedse répit à 8 heures et une heure, à midi, qui « leur est accordée pour expédier leur maigre pitance, - dans une « atmosphère chargée de poussière et où le bruit des machines les « force à crier pour se faire entendre de leurs plus proches voisines, « elles gagnent à peine de quoi nourrir et payer le loyer du réduit « qui leur sert de gite la nuit. Non contente de les observer à la fabri- « que, madame Wettstein, est allée les voir chez elles et les a accompa « gnées le dimanche aux bals qu'elles fréquentent d'ordinaire avec leurs « amants qui souvent de\·iennent leurs ma1·is. Mais, le croirait-on, elles « ont tellement peur de la misère qui les attend une fois mariées, qu'elles « diffèrent elles-mêmes ce jour. » Madame Wettstein énumère leurs défauts, elle leur reproche de trop aimer les colifichets et d'économiser sur leur manger le bout de ruban qu'elles se passent dans les cheveux. Mais « l'auteur qui tremble à l'idée de la démocratie socialiste ne se << voit pas moins forcée de reconnaitre que les familles qui ont le 111al-

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