LA REVUE SOCIALISTE ,, traYers; ils se figurent qu'il suffit de lire pour comprendre, de se ,< met:re dans ia tète certaines formules pour résoudre tous les problè- " mes .... M. Leixner, dans ses intéressantes lettres sociales de Berlin, ,, cite des ouniers qui étudiaient non seulement l'histoire, l'économie ,< politique, mais la métaphysique. Ils sui\'aient des leçons sur Héra- ,, clite, sur Kant, que leur expliquaient des amateurs instruits. " (Bourdeau. p. 184). - Q.1elle fureur tndieu ! Hérac!ite et Kant pour des cordonniers et des maçons! Ces ouvriers Berlinois sont d'une belle audace. Décidément le socialisme est un grand corrupteur. Nos jeunes bourgeois français montrent plus de sagesse. Ils ne donnent que dans ces folies. Beaucoup d'entre eux se contentent du supplément de la Lc111ter11e ! - Malheureusement, d'après notre auteur, cette ardeur à apprendre produit un résultat, c·est la disparition complète et irrémédiable de la foi reli~ieuse. L'esprit anti-religieux est très répandu à Chemnitz. M. Goehre e1wisage ensuite les mœurs et la moralité des ouvriers socialistes. " Il n'est pas nai de dire que les démocrates socialistes ,, avérés soient moralement corrompus. Au contraire, leurs théories " donnent à ceux qui ont reçu une bonne éducation la conscience de ,< la fraternité des hommes et des peuples, la foi en une mission poli- ,< tique et économique du quatrième Etat. Bebel est le type le plus ,, élevé de ces sortes de caractères profo1,dé111e1h1ctn111i:tcs, bien doués, "' laborieux, mais ivres d'une demi-culture et des résultats de la science ,< et chez qui, par un fréquent contraste. les doctrines déterministes et " matérialistes aboutissent à un idéalisme rèveur, aux promesses tfun <>< avenir chimérique. D'ailleuas. dans la classe ouvrière comme dans --< toutes les autres classes, la variété de mœurs tient moins à la doc- ,, trine qu'au naturel de chacun. Il y a nombre de pères de famille, ..,. excellents ouvriers, économes. d'une habileté héroïque à rogner sur ,< toutes choses, bien que les doctrines de la démocrcttie socialiste ,< soient peu favorables à l'épargne; il y a des paresseux. des mauvais ,< suJets, des dissipateurs. >~ (Bourdeau, p. 189). - " En résumé, " M. Goehre a trouvé chez ses camarades de fabrique de mauYaises ,< mais aussi de bonnes et aimables qualités, il a rencontré de bra\'çS " gens La classe ouvrière n'est pas plus immorale que toutes les autrès ,< classes, étant donné la situation matérielle où elle se trouve et les « conditions de vie sont pour elle infiniment dures; point d'éducation, ,< point de loisirs, des soucis pressants qui ne cessent ni ne changent. '> (Bourdeau, p. 195). - Qu'est-ce à dire? La classe ounière, dit-on, n'est pas plus immorale que les autres. D'autre part, c'est elle qui subit la plus dure misère et la pression de toutes les causes de démoralisation et de dégradation. Elle résiste à toutes ces causes, elle tombe pas audessous des autres classes; elle lutte Yictorieusement, n'est-ce pas prouYer qu'elle vaut mieux? Elle vaut mieux, elle conserve son honnè-
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