LA VOYOUCRATIE SOCIALISTE-RÉVOLUTIONNAIRE 4ï7 en outre que la masse socialiste lit beaucoup, se passionne pour les questions scientifiques et philosophiques les plus élevées. Partout où le socialisme est puissant sur les esprits, les ouvriers sont avides de savoir. Voici la composition de la bibliothèque d'un menuisier Berlinois : Büchner - Force et Matière - Lasalle - Système des Droits acquis; Bastiat : Argent maudit, un volume de l'histoire de la Révolution Française de Louis Blanc, ete. - Pour un ouvrier manuel, voilà des lectures sérieuses. Combien de jeunes bourgeois instruits emploient plus mal leurs loisirs. Plus loin nous remarquons les lignes suivantes : " Il y a chez les ,< ouvriers les plus intelligents un besoin de culture meilleure et plus ,< large, qui leur offre une compensation pour l'ennui et la monotonie « de leur travail manuel, et· ce goùt de lecture prouve que ce ne sont << pas des hommes de destruction sauvage. Un ennemi déclaré de « l'utopie communiste, M. Bamberger, dans un discours au Reichstag « louait chez les députés socialistes, le talent, la force de travail, les " connaisances acquises par ces hommes sortis des couches populaires, ,< dont quelques-uns ont été obligés de consacrer la plus grande partie ,< de leur \'ie au travail manuel et souvent dans une condition précaire. << Ce besoin général de culture, d'après M. Goehre, se manifeste surtout ,< par le grand mouvement international de la journée de huit heures, ,< qui, selon lui, vient moins de la paresse ou des considérations éco- « nomiques que de l'aspiration ardente chez le. peuple de fabrique à ,< plus de lumière, de vérité, de science. '> (Bourdeau, le socialisme ,, allemand et le nihilisme russe, p. 18.3). - Voila l'opinion très remarquable de M. le pasteur Goehre. li est vrai que Burdeau en bon bourgeois français, plus routinier, plus étroit, plus dédaigneux de ces touchants efforts des pauvres vers la vie de l'intelligence que ne le sont ceux d'Outre-Rhin ajoute i1i1médiatement après : « Nous ne pouvons ,, partager entièrement sur ce point l'opinion de M. Goehre. Le désir ,< très légitime de plus de loisir pour la culture intellectuelle n'est senti ,< que par une bien peu nombreuse élite d'ouvriers. Elle n'est qu'un ,, prétexte pour les autres, car on ne s'aperçoit pas qu'ils consacrent ,< généralement à leur instruction le temps dont ils pourraient disposer ,< et ils en donnent plus au divertissement qu'à l'étude. " - Que ceux qui ont souffert des misères du prolétariat répondent. Mais nous dénionsà M. Burdeau qui n'a étudié la vie ouvrière que dans son cabînet. le droit d"émettre une opinion quelque peu compétente sur ce point. Mais nous poursuivons l'exposé de M. Goehre : « Afin de satisfaire ,< ce besoin de culture plus ou moins répandu, les chefs de la démo- " cratie socialiste ont popularisé les œuvres de Marx et de Lasalle, de ,< Danvin, de Hœckel, de Büchner et de Moleschott, feuilleté Spinoz:t ,< et Fenerbach, analysé Schopenhaver et Hartmann, invoqué Strauss <- et M. Renan. Les ouvriers absorbent tout cela pêle-mêle. à tort et à
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