La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LES LOIS SOCIOLOGIQUES 4'iï mutuelle dépendance, l'enchaînement constant des faits sociaux. Au caractère purement descriptif du début, la sociologie joindra maintenant des vues synthétiques partielles en constatant des rapports de plus en plus généraux entre les groupes de faits: c'est ce que l'auteur rattache à ce qu'il appelle les lois sociologiques composées: « Les rapports et les lois sociologiques les plus simples sont tout d'abord ceux qui existent entre des faits de la même clas<-~.Ainsi, dans. le groupe des phénomènes économiques, il y a, comm• nous l'avons montré. des rapports et des lois statiques et dynamiques relatifs à la circulation des produits et des signes représentatifs de ces produits. " Il faut cependant signaler que dans la même classe de phénomènes il peut y avoir des rapports et des lois doublement, triplement, etc., composés; chaque classe, en effet, se subdivise en groupes et en sousgroupes distincts. Par exemple la classe des phénomènes économiques se subdivise en trois groupes principaux: le groupe des phénomènes de circulation, legroupe des phénomènes de consommation, le groupe des phénomènes de production: ceux-ci se différencient en groupes secondaires: ainsi, le groupe relatif à la circulation cmbrasse des phénomènes ayant pour objet : cc 1" Le transport des marchandises; cc 211 La transmission des offres et des demandes de marchandises; « 311 Les signes fiduciaires ou intermédiaires des édianges; « 4° La circulation même de ces signes fiduciaires. cc Dans chacune des sept classes de phénomènes sociologiques dont nous avons tracé le tableau hiérarchique, il y a donc des rapports et des lois internes soit simples. soit composées à diYers degrés. Dans chacune de ces classes, la méthode exige donc que l'on passe successivement des rapports et des lois les plus simples et les plus généraux aux rapports et aux lois les plus spéciaux. « li y a de; rapports et des lois entre les phénomènes de chaque classe particulière et les phénomènes de chacune de toutes les autres classes. Ainsi l'économie politique a des relations avec la population, avec l'art, avec la science, avec la morale, avec le droit et avec la politique. Voilà le premier aspect à considérer dans les rapports entre ces classes de faits sociologiques dont chacune constitue déjà par ellemême une collectivité complexe de groupes primaires et secondaires. « Rappelons-nous encore une fois notre tableau hiérarchique des sept classes de phénomènes sociologiques; considérons-le au point de vue que nous veno;1s dïndiquer. Que remarque-t-on? On constate immé-- diatement que les rapports de l'économie politique avec les six autres classes sont directs ou indirects. C'est là une observation importante. L'économie politique se relie directement à la science de la population et, de plus en plus indirectement seulement, aux cinq autres classes sociologiques. Or, nous savons que les phénomènes les plus généraux

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