La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOC!ALISTE sont ceux qui déterminent, d'une façon également générale, les plus spéciaux; ils les conditionnent, ils en sont la cause comme on dit en langage métaphysique. Donc, sauf leurs caractères spéciaux, les rapports et les lois relatifs à la population sont directement déterminés et conditionnés par les facteurs économiqnes; les rapports et les lois relatifs à l'art, à la science, à la morale, au droit, à la politique, le sont au contraire de plus en plus indirectement. « Ceci même constitue une des lois sociologiques générales les plus importantes, car il en résuli.e que plus on s'élève dans l'échelle hiérarchique des phénomènes sociaux, plus la volonté collective devient apte à intervenir efficacement dans l'organisation des sociétés par son adaptation de plus en plus parfaite et exacte aux conditions spéciales produites naturellement par le développement de la civilisation. << Au point de vue simplement logique, la mème loi nous permet aussi d'affirmer que les conditions ou causes les plus générales de l'état et du fonctionnement de tous les autres phénornènes sociaux résident essentiellement dans la classe générale des facteurs économiques. cc Cette double constatation nous permet de conclure que les modifications apportées par la politique au régime économique, tout en étant les plus difficiles à réaliser, eu égard à cc que les rapports entre l'économique et la politique sont les moins directs de tous, sont cependant celles dont les efTets sont les plus féconds et les plus durables, précisément rarce que leur action est à la fois la plus simple et la plus générale. C'est ainsi que les médicaments agissent sur l'organisme indiYitiuel par leur introduction dans le système circulatoire général. « Le tableau hiérarchique des phénomènes sociaux nous montre comment cette influence politique sur l'organisation économique peut et doit s'exercer. Elle ne le peut et ne le doit qu'indirectcme,1t en transformant les notions et les règles juridiques, en transformant les idées morales, en utilisant et en assimilant tous les progrès scientifiques, en rendant l'art mème pour ainsi dire le complice et l'adjuvant du progrès et, finalement, en pénétrant par toutes ces influences réunies les populations dont le concours et l'acquiescement sont la condition primordiale de toute réforme sociale dans les sociétés modernes. Les rapports et les lois sociologiques sont donc simples ou composés, directs ou indirects, médiats ou immédiats. Les rapports et les lois simples sont ceux qui existent entre phénomènes d"une même classe -ou entre phénomènes d'une mèrne subdivision de classe; les rapports et les lois composés sont ceux que l'observation dégage des phénomènes soit d~ subdivisions d'une mème classe, soit de classes difTérentes. « Les rapports et lois directs sont ceux qui s'établissent entre phénomènes, classes ou subdivisions de classes sans l'intermédiaire d'autres facteurs.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==